respir.com
respir.com
 

Un site de la Fédération Girondine de Lutte contre les Maladies Respiratoires
Association loi de 1901 reconnue d'utilité publique
respir.com

La Revue de RespirWebConférencesDiaporamas & PrésentationsInscriptionContact

Respir.com est un site gratuit mis en ligne pour tous par la FGLMR. Il n'a pas recours à la publicité.

S'il vous est utile, aidez-nous à le maintenir en ligne (Cliquez ici).

Dernière mise à jour du site le 14/04/2014

base documentaire
contact
collaborateurs
recherche approfondie
imagerie
bibliographies
formation santé
Université de Bordeaux II
tabacologie
cas cliniques

Légionellose

Créé le 15/07/1999 Auteur : A. Taytard (Mis à jour le 21/08/2007)
     
     

     
 

La légionnelle est un bacille gram négatif dont on connaît 49 espèces et plus de 60 sérogroupes différents ; le sérogroupe 1 est le plus fréquemment retrouvé (environ 95 % des cas).

Elle vit dans l'eau douce chaude (prolifération entre 25 et 45° C ; température optimale de 35 à 40°C)
recommandations : température de production d'eau chaude
³ 55°C ; de distribution aux points d'usage : 50°C

La contamination se fait par inhalation d'aérosols contenant des légionnelles ou par micro-aspiration d'eau contaminée par la bactérie.

Peu de légionnelloses sont diagnostiquées en pratique, ce qui conduit à ne voir que les formes graves, à l'hôpital. Il existe, par ailleurs, une très forte sous-déclaration de la maladie.

Incidence déclarée en 2005 : 2,5/100000 habitants ; augmente avec l'âge : 11,9/100000 au-delà de 80 ans.
Les légionelloses représentent de 0,5 à 5 % des pneumopathies aiguës communautaires et environ 15 % de celles nécessitant une hospitalisation.
saisonnalité : pour la moitié des cas de début juin à fin septembre
     
Facteurs de risque de la légionellose
Individuels
  âge (risque augmente avec l'âge)
  sexe masculin : sexe ratio H/F : 3
  tabagisme
  toutes les maladies et traitements immuno-suppresseurs
  diabète
  autres : infections respiratoires chroniques, cardiaques, alcoolisme, HIV
   
Environnementaux
  réseaux d'eau chaude sanitaire
  tours aéro-réfrigérantes
  systèmes de climatisation à eau stagnante
  bassins de balnéothérapie, eaux thermales ...
    
Légionellose : clinique

Pneumonie : c'est la forme la plus habituelle, mais tout peut se voir depuis une toux modérée accompagnée d'un fébricule, jusqu'à l'insuffisance respiratoire avec coma et décompensation multi-viscérale.

Début : symptômes non spécifiques pouvant évoquer une virose (fièvre, malaise, myalgies, anorexie, céphalées) mais sans atteinte ORL ; la température excède souvent 40°C.

Toux : généralement peu productive.
Douleur pleurale, hémoptysies quelquefois pouvant évoquer une embolie pulmonaire.
Râles crépitants.
Symptômes digestifs importants avec une diarrhée liquide.
Dissémination possible à d'autres organes par bactériémie (hépatite, rhabdomyolyse).
     

Forme clinique : fièvre de Pontiac : ne s'accompagne pas de pneumonie et ne met pas en jeu le pronostic vital. Elle guérit spontanément en 2 à 5 jours.

    
Legionellose : biologie
Hyponatrémie fréquente
Mise en évidence des légionnelles
 
culture de sécrétions bronchiques, examen de référence qui devrait être réalisé de façon systématique

Tests sérologiques : lents à se positiver (un à trois mois) ; on retient comme positive une multiplication par 4 des titres d'anticorps à 3 semaines d'écart au moins (optimum : 6 semaines)

Antigènes solubles dans les urines, méthode rapide, très spécifique (100 %) permettant un diagnostic (précoce et tardif) sans interaction des antibiotiques ; c'est la méthode la plus simple pour déclencher la démarche épidémiologique
Mais : sensibilité 70 % ; ne détecte que le sérogroupe I (qui représente le plus grand nombre de légionelloses) ; sa positivité peut être retardée de quelques jours

     
Legionellose : imagerie
 Initiale : peu spécifique avec, quelquefois, un épanchement pleural.
 Évolution : progression d'images infiltratives. Le nettoyage de l'image radiologique peut durer un à quatre mois.
   
Quand évoquer le diagnostic ?
devant une situation à risque : voyage, exposition à de l'eau en aérosol

devant une pneumonie d'allure sévère, bilatérale, sans signes ORL, avec signes extra-thoraciques : digestifs (douleurs abdominales, vomissements, diarrhée), neurologiques (troubles de la conscience, céphalées, pas de signe méningé) 

devant des signes biologiques évocateurs : cytolyse hépatique, insuffisance rénale, hyponatrémie, élévation des CPK
devant une absence d'amélioration sous traitement antibiotique par béta-lactamines
    

Legionellose : diagnostic

Cas confirmés

 

Isolement de Legionella par culture (méthode de référence) dans un prélèvement bronchique
et/ou augmentation du titre d'anticorps de 4 fois (soit deux dilutions) avec un deuxième titre 128
et/ou présence d'antigènes solubles de Legionella dans les urines ; méthode rapide, sensible, spécifique mais faux négatifs car ne détecte que le sérogroupe I

Cas probable

  titre unique élevé 256, quelle que soit l'espèce
 Cas nosocomial certain
  malade hospitalisé pendant la totalité de la période d'incubation (10 jours)
 Cas nosocomial probable
  malade hospitalisé pendant une partie de la période d'incubation

Cas groupés

 

Au moins deux cas, survenus dans un intervalle de temps de 2 ans, chez des personnes ayant fréquenté un même lieu. Au moins un de ces cas doit être confirmé.

On doit rechercher systématiquement une légionellose lors de la survenue d'une pneumopathie nosocomiale.

AU TOTAL

Symptômes

 

Fréquence (%)

Toux

41

Douleur pleurale

36

Céphalées

27

Signes cliniques

Crépitants

86

Fièvre > 39°C

72

Biologie

Urée > 7 mmol/L

60

Anom. hépatiques

59

Lymphocytes < 103

56

Na+ < 130 mmol/L

55

GB > 15 x 103

14

Légionellose : pronostic
 Evolution rapide vers l'insuffisance respiratoire aiguë sans traitement adapté
 Mortalité : 10-15 % des cas, due surtout au retard diagnostic

Réf :
Stout JE, Yu VL. Legionellosis. N Eng J Med 1997;337:682-7
Sopena S et al. Comparative study of the clinical presentation of legionnella pneumonia and other community-acquired pneumonia. Chest 1998;113:1195-200
Campèse C, Jarraud S, Bitar D, Maine C, Che D. Les légionelloses survenues en France en 2004. BEH 2005;26:129-32

 Traitement de la légionellose

Prise en charge médico-sociale

La légionellose est une maladie à déclaration obligatoire (décret du 10-06-1986, modifié en 1987) ; il faut donc en faire le diagnostic ce qui conduit à proposer une antigénurie chaque fois que le contexte du malade fait courir un risque pour lui-même (pneumopathie sévère) ou l'entourage (pneumopathie nosocomiale, institution, voyage organisé, immeubles...)
Enquête épidémiologique
Enquête technique

Traitement médical

Macrolides : traitement de référence
Quinolones : traitement des formes sévères et sujets immunodéprimés (cipro, oflo, lévofloxacine)
Rifampicine : associée à un macrolide ou une quinolone ; formes sévères et sujets immunodéprimés

Forme commune, gravité légère à modérée : monothérapie : macrolides ou fluoroquinolones
Forme sévère, gravité élevée et/ou immunodépression : bithérapie basée sur : macrolides, fluoroquinolones (levofloxacine), rifampicine

Voie d'administration : voie injectable si moindre trouble digestif

Durée du traitement :
immunocompétent : 14 à 21 jours
formes sévères et immunodéprimé : jusqu'à 30 jours
 
C'est la précocité du traitement et l'application des recommandations qui sont les éléments cruciaux du pronostic.


Autres sites à consulter 

Ministère de la Santé

Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données publiées dans ce texte

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Vérifiez ici.

Tous droits réservés
© Fédération Girondine de Lutte contre les Maladies Respiratoires (FGLMR) 2014

Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage et mentions légales, en accepter et en respecter les dispositions.

Respir.com est enregistré à la C.N.I.L. sous le n°757727 VERSION 1