Légionellose |
| Créé le 15/07/1999 |
Auteur : A. Taytard |
(Mis à jour le 21/08/2007) |
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Sommaire
- facteurs de risque de la légionellose
- Légionellose : clinique
- Légionellose : biologie
- Légionellose : imagerie
- Légionellose : diagnostic
- Légionellose : pronostic
- traitement de la légionellose : médico-social
; médical
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La légionnelle est
un bacille gram négatif
dont on connaît 49 espèces et plus de 60 sérogroupes différents ;
le sérogroupe 1 est le plus fréquemment retrouvé (environ 95% des cas).
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Elle vit dans l'eau douce
chaude (prolifération entre 25 et 45° C ; température optimale de 35 à 40°C)
recommandations
: température de production d'eau chaude ³ 55°C
; de distribution aux points d'usage : 50°C |
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La
contamination se fait par inhalation d'aérosols
contenant des légionnelles ou
par micro-aspiration d'eau contaminée par la bactérie.
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Peu de légionnelloses
sont diagnostiquées en pratique, ce qui conduit à ne voir que les formes
graves, à l'hôpital. Il existe, par ailleurs, une très forte sous-déclaration
de la maladie.
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Incidence
déclarée en 2005 : 2,5/100000 habitants ; augmente avec l'âge : 11,9/100000
au-delà de 80 ans. |
Les légionelloses représentent de 0,5 à 5% des pneumopathies
aiguës communautaires et environ 15% de celles nécessitant une hospitalisation. |
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saisonnalité : pour la moitié des cas de début juin à fin
septembre |
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| Facteurs
de risque de la légionellose |
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Individuels |
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âge
(risque
augmente avec l'âge) |
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sexe
masculin : sexe ratio H/F : 3 |
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tabagisme |
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toutes
les
maladies et traitements immuno-suppresseurs |
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diabète |
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autres
: infections
respiratoires chroniques, cardiaques, alcoolisme, HIV |
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Environnementaux |
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réseaux d'eau chaude sanitaire |
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tours aéro-réfrigérantes |
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systèmes
de climatisation à eau stagnante |
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bassins de balnéothérapie, eaux thermales ... |
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| Légionellose
: clinique |
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Pneumonie
: c'est la forme la plus
habituelle, mais tout peut se voir
depuis une toux modérée accompagnée d'un fébricule, jusqu'à l'insuffisance
respiratoire avec coma et décompensation multi-viscérale.
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Début :
symptômes non spécifiques pouvant évoquer une virose (fièvre, malaise, myalgies,
anorexie, céphalées) mais sans atteinte ORL
; la température excède souvent 40°C.
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Toux :
généralement peu productive. |
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Douleur
pleurale, hémoptysies quelquefois pouvant évoquer une embolie pulmonaire. |
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Râles
crépitants. |
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Symptômes
digestifs importants
avec une diarrhée liquide. |
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Dissémination
possible à d'autres organes par bactériémie (hépatite,
rhabdomyolyse). |
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Forme clinique : fièvre de Pontiac : ne s'accompagne pas de pneumonie et
ne met pas en jeu le pronostic vital. Elle guérit spontanément en 2 à 5 jours.
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| Legionellose
: biologie |
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Hyponatrémie fréquente |
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Mise en évidence des légionnelles |
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culture de sécrétions bronchiques, examen de référence
qui devrait être réalisé de façon systématique |
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immunofluorescence directe dans les sécrétions
bronchiques |
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Tests sérologiques : ils peuvent mettre un à
trois mois pour se positiver ; on retient comme positive une multiplication par 4 des
titres d'anticorps à 3 semaines d'écart au moins (optimum : 6 semaines)
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Antigènes solubles dans les urines, méthode
rapide, très spécifique (100%) permettant un diagnostic (précoce et tardif) sans interaction des antibiotiques
; c'est la méthode la plus simple pour déclencher la démarche
épidémiologique
Mais : sensibilité
70% ; ne détecte que le sérogroupe I (qui représente le plus grand
nombre de légionelloses) ; sa positivité peut être retardée
de quelques jours
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| Legionellose
: imagerie |
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Initiale : peu spécifique avec, quelquefois, un
épanchement pleural. |
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Évolution : progression d'images
infiltratives. Le
nettoyage de l'image radiologique peut durer un à quatre mois. |
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| Quand évoquer
le diagnostic ? |
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devant une situation à risque
: voyage, exposition à de l'eau en aérosol |
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devant une pneumonie
d'allure sévère, bilatérale, sans signes ORL, avec signes
extra-thoraciques : digestifs (douleurs abdominales, vomissements,
diarrhée), neurologiques (troubles de la conscience, céphalées, pas de
signe méningé) |
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devant des signes biologiques
évocateurs : cytolyse hépatique, insuffisance rénale, hyponatrémie,
élévation des CPK |
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devant une absence d'amélioration sous traitement antibiotique
par béta-lactamines |
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Legionellose
: diagnostic |
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Cas confirmés |
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Isolement de
Legionella par culture (méthode de référence) dans un prélèvement
bronchique
et/ou augmentation
du titre d'anticorps de 4 fois (soit deux dilutions) avec un
deuxième titre 128
et/ou présence
d'antigènes solubles de Legionella dans les urines ; méthode rapide,
sensible, spécifique mais faux négatifs car ne détecte que le sérogroupe I
et/ou dentification de
Legionella par immunofluorescence directe |
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Cas probable |
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titre unique élevé 256, quelle que soit l'espèce |
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Cas nosocomial certain |
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malade hospitalisé pendant la totalité de la période
d'incubation (10 jours) |
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Cas nosocomial probable |
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malade hospitalisé pendant une partie de la période
d'incubation |
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Cas groupés |
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Au moins deux cas, survenus
dans un intervalle de temps de 2 ans, chez des personnes ayant fréquenté un
même lieu. Au moins un de ces cas doit être confirmé. |
On doit rechercher
systématiquement une légionellose lors de la survenue
d'une pneumopathie nosocomiale. |
AU TOTAL
| Symptômes |
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Fréquence (%) |
Toux |
41 |
Douleur
pleurale |
36 |
Céphalées |
27 |
Signes cliniques |
Crépitants |
86 |
Fièvre > 39°C |
72 |
Biologie |
Urée > 7
mmol/L |
60 |
Anom.
hépatiques |
59 |
Lymphocytes < 103 |
56 |
Na+ < 130
mmol/L |
55 |
GB > 15
x 103 |
14 |
Légionellose : pronostic
Evolution rapide vers l'insuffisance respiratoire aiguë sans traitement adapté
Mortalité : 10-15% des cas, due surtout au retard diagnostic
Traitement
de la légionellose
Prise
en charge
médico-sociale
La légionellose est
une maladie à déclaration
obligatoire (décret du 10-06-1986,
modifié en 1987) ; il faut donc en faire le diagnostic ce qui conduit à
proposer une antigénurie chaque fois que le contexte du malade fait courir un
risque pour lui-même (pneumopathie sévère) ou l'entourage (pneumopathie
nosocomiale, institution, voyage organisé, immeubles...)
Enquête épidémiologique
Enquête technique
Traitement
médical
Macrolides : traitement de référence
Quinolones :
traitement des formes sévères et sujets immunodéprimés
(cipro, oflo, lévofloxacine)
Rifampicine :
associée à un macrolide ou une quinolone ; formes sévères
et sujets immunodéprimés
Forme commune, gravité légère à modérée : monothérapie
: macrolides ou fluoroquinolones
Forme sévère, gravité élevée et/ou
immunodépression : bithérapie basée sur :
macrolides, fluoroquinolones (levofloxacine), rifampicine
Voie d'administration : voie injectable
si moindre trouble digestif
Durée
du
traitement :
immunocompétent : 14 à
21 jours
formes sévères et immunodéprimé : jusqu'à 30 jours
C'est la
précocité du traitement et l'application des recommandations qui
sont les éléments cruciaux du pronostic.
Autres sites à consulter
Ministère de la
Santé
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