Tuberculose Mycobacterium tuberculosis - Virulence |
| Créé le 17/11/2003 |
Auteur : J. Texier-Maugein |
(Mis à jour le 10/10/2007) |
| |
|
|
| |
|
|
Sommaire
- Facteurs nécessaires à l'adhésion
et invasion
- Multiplication intracellulaire
- Interaction avec le système immunitaire
M. tuberculosis
ne possède pas les facteurs de virulence habituellement
décrits pour les autres bactéries.
La définition des déterminants de la
virulence pour les mycobactéries inclue l'adhésion, l'invasion et les
mécanismes de résistance aux défenses de l'hôte.
Facteurs nécessaires à l'adhésion et invasion
A l'inverse des autres bactéries pathogènes qui présentent à leur
surface des molécules anti-phagocytaires, M. tuberculosis utilise une
série de récepteurs (récepteurs du mannose, du complément de type 3
(CR3) et du fragment Fc des immunoglobulines) de la surface cellulaire pour
faciliter son entrée dans le macrophage.
Une glycoprotéine «surfactant protéine A» localisée
sur la surface alvéolaire, augmenterait l'adhésion et l'attachement de M.
tuberculosis par l'augmentation de l'activité du récepteur mannose.
Mais il y aurait aussi une «surfactant protéine D» qui
inhiberait la phagocytose en bloquant les résidus mannosyl oligosaccharide
à la surface de la bactérie.
Les récepteurs humains toll-like 2 (TLR2) joueraient aussi un rôle
important dans l'adhésion.
Enfin Tailleux a montré le rôle des
cellules dendritiques. M.
tuberculosis pénétrerait dans ces cellules, qui disséminent dans
l'organisme, par l'intermédiaire de récepteurs de surface DC-SIGN. Les
cellules denditriques expriment aussi le récepteur du complément CR3 et le
récepteur du mannose.
Multiplication intracellulaire
Une fois à l'intérieur de la cellule, le mécanisme précis par lequel M.
tuberculosis échappe à l'activité antibactérienne de la cellule peut
être multiple.
Les bacilles virulents sont susceptibles d'inhiber la fusion phagosome
– lysosome ce qui leur permet de se multiplier à l'abri des enzymes
lysosomiales. Le mécanisme est encore mal connu.
La richesse en lipides de la paroi permet une certaine résistance des
bacilles aux enzymes lysosomiales
Les bacilles seraient capables de résister à l'action toxique des
dérivés oxygénés produits par le macrophage grâce à la présence
d'enzymes telles que la catalase et la superoxyde dismutase.
Des expérimentations montrent qu'il existe une corrélation étroite
entre les souches de M. tuberculosis résistantes aux RNIs ou
«Reactive nitrogen intermediate» et la virulence. Cependant la
présence de RNIs dans les macrophages humains et leur rôle potentiel est
un sujet de controverses.
Interaction avec le système immunitaire
Plusieurs facteurs semblent impliqués dans la réponse immunitaire.
Les lipoarabinomannanes
La virulence de M. tuberculosis a été associée aux
lipoarabinomannanes (LAMs). En effet les LAMs des souches virulentes induisent
moins de TNFa,
d'IL-6 et IL-10, ceci serait corrélé
à une différence
structurale des molécules, le LAM des souches moins virulentes possède une
chaîne latérale d'arabanes alors que le LAM des souches virulentes possède un
segment court de mannane qui masque l'arabane. L'activation des macrophages par
l'interféron g
et l'induction d'oxyde nitrique sont inhibés par les LAMs
des souches virulentes. Les LAMs induisent aussi l'IL-8, facteur qui intervient
dans l'initiation de la formation du granulome.
La protéine de choc thermique (hsp)
L'augmentation de la synthèse d'hsp survient chez la bactérie et la cellule
hôte dans des conditions de stress. Hsp jouerait un rôle dans la virulence en
induisant les cytokines inflammatoires qui contribuent à la destruction des
tissus de l'hôte. Dans les macrophages humains, hsp65 de M. bovis BCG
stimule la production de TNFa, d'IL 1b
et augmente l'expression du
récepteur du complément CR3.
Les autres facteurs
Le
«Cord Factor» aurait une concentration plus
élevée à la surface des souches virulentes.
Les sulfolipides de la paroi induiraient la production de protéines
inflammatoires.
L'uréase intracellulaire pourrait générer de l'ammoniaque qui inhiberait
la fusion phagosome-lysosome, mais M. smegmatis non virulente a une
uréase 10 fois plus active que M. tuberculosis.
L'aptitude de certaines souches à se multiplier rapidement peut être aussi
un facteur contribuant à la virulence.
- Par contre, la virulence ne semble pas corrélée à la résistance
aux antibiotiques, au contraire, on trouve très peu de cas groupés avec
les souches résistantes à l'INH, encore moins avec les multirésistantes (MDR)
et pourtant des épidémies à MDR ont été décrites dans la littérature.
Réf
:
Quinn FD, Newman
GW, King CH. Virulence determinants of Mycobacterium
tuberculosis. Trends Microbiol 1997;5:20-6
Smith I. Mycbacterium tuberculosis pathogenesis and molecular
determinants of virulence. Clin Microbiol Rev 2003;16:463-96
Tailleux
L, Gicquel B, Neyrolles O. DC-SIGN, a key receptor of Mycobacterium
tuberculosis? Med Sci 2003;19:658-60 |
|