Légionellose Enquête épidémiologique |
| Créé le 15/07/1999 |
Auteur : A. Taytard |
(Mis à jour le 02/05/2004) |
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Sommaire
Annexe à la circulaire DGS N° 97/311
du 24 avril 1997
ANNEXE 6 : Guide d'investigation d'un ou plusieurs cas de
légionellose.
Rapporteurs : B. Hubert,
A. Infuso, M. Ledrans (Réseau National de Santé Publique)
Groupe de travail : Direction générale de la Santé : I. Capek, J. Carmès, C.
Gobet
Laboratoire d'Hygiène de la Ville de Paris : S. Dubrou
Réseau National de Santé Publique : J.C. Desenclos
CNR des Legionella : J. Etienne
Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France : E. Bouvet, J. Lesne
Document approuvé par la Section des Eaux et la Section Prophylaxie des Maladies
Transmissibles du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France.
Ce guide pratique a pour objet
de faire le point sur les connaissances actuelles (en 1996) sur les légionelloses et de
préciser la conduite à tenir autour de chaque cas de légionellose pour améliorer la
prévention de cette maladie. Il est destiné aux médecins inspecteurs de santé
publique, aux ingénieurs du génie sanitaire et aux comités de lutte contre les
infections nosocomiales (CLIN).
INVESTIGATION D'UN CAS ISOLE DE LEGIONELLOSE
Les objectifs de cette
investigation sont de confirmer le diagnostic, d'identifier les lieux fréquentés par le malade qui constituent une
source potentielle d'infection (lieux "à risque"), de rechercher
d'autres cas dans l'entourage et de prendre des mesures
systématiques de prévention (figure 1). En dehors du cas particulier des
légionelloses d'origine nosocomiale ou survenues lors d'une cure thermale, l'enquête
autour d'un cas isolé ne devrait pas donner lieu à des prélèvements environnementaux
systématiques, en raison du médiocre rapport coût-efficacité de cette démarche.
Figure 1 :
Démarche d'investigation d'un cas isolé de légionellose

Confirmation du diagnostic
La première étape doit
vérifier la confirmation du diagnostic de légionellose (cf. définition §"cas de
légionellose"). Pour les cas considérés comme possibles (c.a.d. n'ayant pas une
augmentation significative des anticorps), il est nécessaire de s'assurer que
l'intervalle entre les deux prélèvements sanguins est au moins égal à 3 semaines
(optimum : 6 semaines). Si cet intervalle est plus court, il est souhaitable d'obtenir une
nouvelle sérologie pour augmenter les chances de mettre en évidence une séroconversion.
Pour des cas récents, une confirmation rapide peut être obtenue par la recherche
d'antigène urinaire.
Identification des
expositions à risque
Il est nécessaire d'obtenir
une description précise des lieux et dates de séjour du malade pendant les 10 jours
précédant le début des signes cliniques. Cette étape doit permettre de déterminer si
la légionellose est d'origine nosocomiale ou communautaire (cf. définitions de
cas § "légionellose nosocomiale" plus haut). Dans ce dernier cas, il est
important de rechercher la fréquentation de lieux "à risque" (autre
établissement de soins, station thermale, hôtel, piscine, bains à remous,...) et la
notion d'un voyage récent en France ou à l'étranger.
Légionellose nosocomiale
Les légionelloses d'origine
nosocomiale doivent faire l'objet d'une enquête par le Comité de Lutte contre les
Infections Nosocomiales (CLIN), si besoin en liaison avec le centre coordinateur régional
(CCLIN). Comme précédemment, on recherchera d'autres cas de légionellose confirmés ou
possibles. Même si le cas est isolé, une étude environnementale est indispensable :
- Rechercher une exposition à des soins "à risque" (humidificateurs
d'oxygénothérapie, aérosols,...).
- Vérifier la maintenance des réseaux d'eau chaude sanitaire et des éventuelles tours
aéro-réfrigérantes avec l'ingénieur hospitalier.
- Surveiller la contamination microbiologique du circuit d'eau chaude sanitaire desservant
le service concerné.
- Comparer les souches isolées chez le malade et dans l'environnement (avec des
techniques de typage disponibles au CNR).
Un rapport de l'enquête devra
être adressé à la DDASS pour compléter les données de déclaration obligatoire.
Légionellose
"communautaire"
Recherche d'autres cas de
légionellose confirmés ou possibles parmi les personnes ayant fréquenté le même lieu
au sein des collectivités identifiées plus haut. En fonction de l'exposition "à
risque", et donc de la collectivité concernée, cette recherche sera plus ou moins
facile. L'identification d'autres cas entraîne une investigation plus approfondie (cf. §
"Investigation épidémiologique de cas groupés").
La survenue d'un cas isolé de légionellose, même s'il ne peut être attribué avec
précision à une source de contamination, devrait faire l'objet de recommandations
systématiques de prévention. Il est donc nécessaire pour chaque cas de recenser les
expositions potentielles. En fonction du contexte, la réponse sera adaptée :
- cure thermale : l'enquête environnementale doit être systématique avec un
renforcement du contrôle analytique des eaux thermales de la station fréquentée. Il est
également nécessaire de s'assurer que la source d'infection n'est pas extérieure à
l'établissement (hôtel par exemple).
- milieu de travail : vérification de la maintenance des éventuelles tours
aéro-réfrigérantes et des systèmes de climatisation. Enquête sur l'utilisation du
réseau d'eau chaude sanitaire (douches) et vérification de la maintenance des
installations.
- hôtels, campings : cf. § ("cas particulier des légionelloses acquises lors des
voyages")
Cas particulier des
légionelloses acquises lors des voyages
Les cas survenus à la suite de
voyage représentaient environ 10% des cas français déclarés entre 1987 et 1995. Le
signalement par EWGLI des cas survenus chez des étrangers à la suite d'un séjour en
France augmente la fréquence de cette situation.
Il est fréquent de constater que les cas ont fréquenté plusieurs hôtels au cours de
leur voyage, ce qui multiplie les sources potentielles d'infection ; il est donc important
de se limiter aux établissements fréquentés dans les 2 à 10 jours précédant le
début des signes cliniques. Dans ces établissements, on veillera à l'application des
"bonnes pratiques d'entretien d'un réseau d'eau chaude sanitaire" (annexe III)
et à la vérification de la maintenance des éventuels tours aéro-réfrigérantes, bains
à remous, fontaines décoratives. Il n'est pas souhaitable de rechercher des Legionella
dans l'environnement.
INVESTIGATION EPIDEMIOLOGIQUE DE CAS GROUPES
Cette investigation est la
suite logique de l'étape précédente lorsque deux ou plusieurs cas ont été
identifiés. Son objectif est d'identifier une source commune d'infection pour
adapter les mesures de prévention. L'étude épidémiologique des cas groupés de
légionellose est habituellement assez complexe pour plusieurs raisons : cas relativement
peu nombreux et fréquemment espacés dans le temps, confirmation du diagnostic souvent
incomplète, multiplicité des expositions, difficultés à mesurer l'intensité et la
durée de ces expositions.
Etude descriptive
définir et
identifier les cas : il est préférable de se limiter aux cas confirmés ou
possibles. Lorsque l'épidémie est récente, les cas possibles (c.a.d. ayant uniquement
un titre élevé isolé) devraient faire l'objet d'une recherche d'antigène urinaire.
Dans certaines circonstances, l'identification de cas de légionellose peut être
associée à une augmentation de cas de pneumopathie. En milieu communautaire, une
augmentation significative peut être définie par une incidence supérieure à 2/1000
personnes sur une période de 6 mois ; en milieu hospitalier, par une proportion des
pneumopathies nosocomiales supérieure à 1% des admissions. Dans ce cas, il est
nécessaire de :
- Eliminer une autre étiologie (grippe par exemple).
- Réaliser une recherche d'antigène soluble urinaire chez les cas récents (moins
de 2 mois)
- Identifier les personnes ayant eu un prélèvement de sérum (quel qu'en soit le
motif) à la phase aiguë de la maladie.
Obtenir le sérum
correspondant (conservé normalement pendant un an par les laboratoires).
Obtenir un nouveau
prélèvement sanguin au moment de l'enquête (plus de 3 semaines après le premier
prélèvement).
Analyser les deux sérums
dans le même laboratoire.
rechercher des
dénominateurs de population dans la collectivité afin de pouvoir calculer des taux
d'incidence, en particulier par âge et par sexe.
représenter graphiquement les distributions des cas dans le temps et dans l'espace
(cf. figures)
formuler des
hypothèses : afin d'examiner ce que les malades peuvent avoir en commun, toutes leurs
activités pendant les 10 jours précédant leur maladie doivent être relevées
méticuleusement (type de soins si cure thermale, n° de chambre dans les hôtels,...).
Ces hypothèses sur les sources d'infection peuvent être très difficiles à formuler,
notamment lors de contamination en plein air par des tours aéro-réfrigérantes.

Représentation
spatiale de cas
(plan du service hospitalier)

Etude analytique
Il ne suffit pas d'observer
fréquemment un facteur d'exposition chez les malades, encore faut-il qu'il soit moins
fréquemment observé chez les personnes non infectées pour pouvoir mettre ce facteur en
cause. On est donc amené à comparer les cas à des témoins. Cette étape peut
nécessiter une aide méthodologique disponible, en fonction du contexte, dans les
structures suivantes : CCLIN, Cellules inter-régionales d'épidémiologie (CIRE), RNSP.
sélection de témoins : les témoins doivent avoir eu la possibilité d'être
exposés à la source de contamination et ne doivent pas avoir eu de signes cliniques de
pneumopathie.
hypothèses testées - questionnaire : le questionnaire est identique pour les
malades et les témoins ; il doit détailler toute les hypothèses formulées et être
suffisamment précis sur les dates et durées d'exposition.
la comparaison des expositions entre les cas et les témoins fait appel au calcul
d'odds ratios et à des tests statistiques. La puissance de ces tests risque d'être très
limitée lorsque le nombre de cas est faible.
ENQUETE ENVIRONNEMENTALE
Elle doit comprendre une visite
approfondie de l'établissement au cours de laquelle des recherches de Legionella
peuvent être réalisées. Un canevas complet pour la réalisation d'une telle enquête
est présenté en annexe I et peut être adapté suivant la taille de l'établissement.
Expertise des sources
potentielles de contamination
Les éléments minimum à
recueillir pour procéder à un diagnostic du contexte environnemental sont les suivants :
Description de l'établissement et de son voisinage
Description du réseau d'eau chaude sanitaire
- plan des réseaux
- type de production : instantanée ou à accumulation
- traitement associé : adoucissement, filtration, filmogène..
- circuit de distribution : bouclage, ....
- qualité des matériaux
- relevé de la température de l'eau dans les ballons et aux points d'usage
Réseau d'eau froide : vérifier que l'eau ne se réchauffe pas lors du passage des
canalisations dans les locaux surchauffés
Description des installations de conditionnement d'air
- Emplacement des prises d'air neuf (rechercher la proximité de source de
contamination)
- Centrale de traitement d'air
Systèmes d'humidification : à ruissellement d'eau, à pulvérisation par
ultrasons, à vapeur
Batteries froides : vérifier l'absence d'eau stagnante et le bon fonctionnement
des siphons
- Conduites d'air : repérer les risques de condensation
Tours aéroréfrigérantes du bâtiment et du voisinage
Dispositif par évaporation à circuit ouvert : implantation
Divers
- Bains remous
- Fontaines réfrigérantes et machines à glace
- Equipements médicaux : noter l'origine de l'approvisionnement en eau
- Dispositif d'humidification
- Fontaine décorative
Ceci permet de procéder à un
diagnostic du contexte environnemental et à une analyse des points critiques (points
sensibles pouvant constituer un risque de multiplication ou de diffusion de Legionella).
Dans le cas particulier du thermalisme, les recommandations de bonnes pratiques sanitaires
dans les établissements thermaux peuvent servir de référence.
Recherche de Legionella
dans l'environnement
Lieux de prélèvement
: Les Legionella sont très fréquemment isolées dans l'environnement hydrique
artificiel ; de plus, les analyses de prélèvements dans l'environnement sont onéreuses.
Il est donc important d'orienter ces prélèvements en fonction des arguments
épidémiologiques, de la structure des réseaux d'eau et de l'identification des points
critiques.
Les lieux de prélèvement à
privilégier sont les suivants :
- Réseau d'eau chaude sanitaire
points de puisage d'eau chaude sanitaire
partie basse des ballons de stockage
- Réseau d'eau froide : si la température est anormalement élevée >
25°C
- Installations de conditionnement d'air
condensats de batteries froides
fluides d'humidification
eau des siphons
- Tours aéro-réfrigérantes : eau de ruissellement
Divers : tout site
susceptible de contenir de l'eau réchauffée ou des dépôts humides.
Modalités de
prélèvement : Un prélèvement consiste à recueillir un litre d'eau dans un flacon
stérile. Lorsque l'eau prélevée est traitée par un biocide oxydant, les flacons
doivent contenir du thiosulfate de sodium à 0,50% afin de bloquer l'action germicide dans
le flacon. Les conditions de prélèvement en termes de localisation, de flambage des
éléments périphériques, d'enrichissement par stagnation ou par écouvillonnage
dépendent de la finalité de la recherche et du dénombrement de Legionella.
Plusieurs techniques de prélèvement peuvent être réalisées aux points d'usage :
* si la contamination au point d'usage dans des conditions normales
d'utilisation est recherchée, le prélèvement sera fait sans flambage et en prenant le
premier jet de l'eau à température d'utilisation. Si la situation la plus défavorable
en terme de contamination est recherchée, un prélèvement peut être fait après
stagnation d'une nuit.
* si la contamination du réseau à l'amont du point d'usage est
recherchée, les points de prélèvement doivent être flambés et le prélèvement
effectué après écoulement prolongé.
* l'incorporation au prélèvement des produits d'écouvillonnage
peut être intéressant pour étudier l'écologie du point de prélèvement et est à
recommander dans le cadre de la surveillance de l'installation et l'évaluation des
mesures de lutte et de prévention. L'écouvillon doit être introduit le plus
profondément possible à l'intérieur du robinet ou du pommeau de la douche et le
prélèvement doit être effectué par un geste circulaire répété (environ 4 fois).
L'écouvillon est ensuite cassé dans le prélèvement d'eau correspondant.
- Quelle que soit la technique adoptée, il est important d'en rechercher la
reproductibilité pour les prélèvements destinés à comparer des contaminations dans
l'espace ou dans le temps. C'est pourquoi il est important d'établir des protocoles
détaillés pour les personnes chargées des prélèvements et de remplir très
soigneusement la fiche de prélèvement pour chaque échantillon. Sur les fiches de
prélèvements doivent être indiqués : la nature de l'eau analysée (eau chaude
sanitaire, condensats,..) et les opérations subies (traitements, mélange,..) ;
l'identification du point de prélèvement ; la date et l'heure et les conditions du
prélèvement.
Modalités de transport
: les échantillons prélevés doivent être transportés en glacière. Les prélèvements
sont acheminés au laboratoire en moins de 48 heures, avec un emballage réfrigéré en
période d'été. En cas d'attente, conserver à +4°C avant l'envoi, surtout ne pas
congeler.
Laboratoires d'analyse :
Parmi les laboratoires capables d'identifier les légionelles, les laboratoires agréés
au titre du contrôle des eaux minérales naturelles ont fait l'objet d'une
intercalibration sur la détection des légionelles.
La recherche et la numération des Legionella dans l'eau sont effectuées
selon la norme AFNOR NT90-431 (novembre 1993). Cette méthode normalisée permet
l'obtention de résultats homogènes avec une sensibilité (50 UFC/litre, UFC = unités
formant colonie) suffisante au regard du risque sanitaire. Pour la détermination de la
densité des légionelles, la norme analytique demande que le filtrat soit récupéré
dans 5 ml. Les caractéristiques de certaines eaux (turbides...) rendent parfois
nécessaires une filtration en plusieurs étapes. La récupération ne peut alors se faire
que dans 10 ml et cette opération modifie le seuil de détection qui passe à 100
UFC/litre. Les résultats complets de recherche et de dénombrement sont en général
disponibles en 8 à 10 jours.
Seuils admissibles
(eaux thermales, eaux chaudes sanitaires,...) - Pour les réseaux de
distribution d'eau chaude sanitaire il n'existe aucun texte réglementaire fixant une
densité maximale admissible de Legionella. Il est reconnu qu'en dessous d'une
densité de 103 UFC/litre, le risque d'apparition de cas de légionellose est très
faible. Cependant, ce risque varie en fonction de l'état immunitaire des personnes
exposées et de la densité et durée d'exposition aux aérosols contaminés.
- Pour les eaux thermales, la circulaire DGS/SD1D/92 n° 513 du 20 juillet
1992 relative à la qualité des eaux minérales dans les établissements thermaux a
proposé de prendre 10² UFC/litre comme valeur de référence non impérative au delà de
laquelle un suivi attentif de la situation doit être réalisé. A partir de 103
UFC/litre, des mesures de lutte et de prévention doivent être prises pour les usages et
soins occasionnant la production d'aérosols.
- Etant donné que ces seuils ont été fixés en fonction du risque
sanitaire, il est préférable que les techniques de prélèvement puissent traduire la
contamination au point d'usage dans des conditions normales ou défavorables
d'utilisation.
L'interprétation des
résultats devra se faire en tenant compte de l'expertise préalable du réseau. Ces
résultats serviront également de référence pour évaluer l'efficacité des mesures
prises.
Conclusions
L'enquête environnementale
devra toujours faire l'objet d'un rapport écrit indiquant les principaux résultats de
l'enquête et les mesures envisagées de réduction du risque (fermeture, restrictions
d'activités ou d'usage d'eau, mise hors service de locaux ou d'équipements, nettoyage,
désinfection, protocoles d'entretien et de surveillance). Compte tenu des délais
d'analyse pour la recherche des Legionella, il sera souvent préférable de ne pas
attendre les résultats d'analyse pour formuler les premières recommandations de lutte et
de prévention si les éléments fournis par les enquêtes épidémiologique et
environnementale suffisent pour les définir.
COMPARAISONS DE SOUCHES CLINIQUES ET ENVIRONNEMENTALES
La comparaison des souches
isolées chez les malades avec des souches isolées dans l'environnement par des
techniques de typage moléculaire peut servir à confirmer la source de contamination.
Cependant, prise isolément sans argument épidémiologique, l'identité des souches n'est
pas suffisante pour établir une relation causale.
MESURES DE LUTTE ET DE PREVENTION
Les mesures immédiates sont
des mesures de désinfection massive visant à faire disparaître la contamination du
milieu par Legionella. Cependant, ces mesures ponctuelles ne sont pas suffisantes
car elles ne permettent qu'une éradication provisoire suivie d'une rapide recolonisation.
Elles doivent donc être complétées par des mesures de prévention au long cours
permettant une réduction durable de la flore.
Réseaux d'eau chaude
sanitaire
La désinfection des réseaux
de distribution d'eau nécessite tout d'abord, une expertise de l'état des
canalisations et de la structure du réseau afin de déterminer sa tolérance aux
opérations de désinfection. Les mesures de désinfection sont décrites dans l'annexe
II.
Les systèmes de
climatisation et les tours aéro-réfrigérantes
Les mesures de lutte et de
prévention dépendent du type de système mis en cause à l'occasion de l'enquête
environnementale. Les premières mesures de lutte consistent essentiellement en une
vidange des circuits ou zones de récupération des condensats, au nettoyage et à la
désinfection des installations. L'annexe IV décrit plus précisément les mesures qui
peuvent être préconisées suivant le type d'équipement.
Bains à remous, bassins
à jets
Les mesures de lutte et de
prévention dépendent du type de bassin en cause dans la contamination. L'annexe V
décrit plus précisément les mesures qui peuvent être préconisées.
Dispositifs médicaux de
traitement respiratoire
- Utilisation de matériel à
usage unique ou à défaut, nettoyage, désinfection, puis stérilisation entre chaque
utilisation.
- Dans les équipements de traitement respiratoires, utilisation uniquement d'eau stérile
à la fois pour le rinçage et pour le remplissage.
- Proscrire les remises à niveau de liquide dans les réservoirs de nébuliseurs.
Surveillance épidémiologique et environnementale.
SURVEILLANCE EPIDEMIOLOGIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
Surveillance
épidémiologique
Elle comprend une information
coordonnée des responsables, des utilisateurs (comités d'hygiène et de sécurité) et
du corps médical. Les médecins devront être sensibilisés aux examens à pratiquer
devant une pneumopathie.
Surveillance
environnementale
La preuve de la résolution du
problème n'est généralement apportée que si le contrôle analytique montre que les
résultats sont satisfaisants et qu'une solution technique permanente et reconnue comme
appropriée est apportée. Dans le cas contraire, le maintien d'une surveillance
renforcée sera nécessaire. En ce qui concerne les établissements thermaux, on pourra se
reporter aux recommandations de bonnes pratiques sanitaires. Pour les autres
collectivités, un programme de surveillance est mis en place par l'autorité sanitaire
(DDASS, SCHS) en fonction des caractéristiques et des points critiques de
l'établissement. Par exemple, dans le cas d'un fonctionnement saisonnier, un contrôle
sanitaire incluant des analyses peut être programmé au moment de l'ouverture (après les
opérations d'entretien et de remise en état).
Serveur à consulter : Ministère de la
Santé
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