respir.com
respir.com
 

respir.com
respir.com

ACTUS

 Cancer bronchique non à petites cellules - stade IIIA-N2 - Le point sur le traitement en 2007, Dr. JM. Vernejoux, Service des maladies respiratoires, CHU Bordeaux.
Cette présentation nécessite le plugin Flash Player.
La prochaine webconférence de cancérologie thoracique (Web'RCP) aura lieu le 18 décembre à 15h : discussion de cas cliniques et d'articles scientifiques.
La revue de Respir : e-Revue mensuelle consacrée aux maladies respiratoires.
Le n° 19 (Novembre 2008) est en ligne.
 Où partiriez-vous en vacances ? Enquête réalisée par Holyvac en partenariat avec la FFAAIR et respir.com.

 INSCRIPTION GRATUITE

Elle permet d'accéder à la formation santé et à la bibliographie, de recevoir la revue de respir et d'être informé de l'actualité liée aux maladies respiratoires.

REMERCIEMENTS - Collaborateurs de respir

Nous remercions pour leur récente contribution : Dr. F. Barlesi et Dr. L. Greillier (Biothérapies) ; Dr. M. Fayon (Bronchiolites) ; Pr. JC. Meurice (SAOS) ; Dr. A. Tsicopoulos (Lymphocytes) ; Pr. P. Diot (Aérosolthérapie par nébulisation) ; Pr. A. Didier et Dr. G. Prévot (Sarcoïdose).

contact
collaborateurs
base documentaire
recherche approfondie
présentations
bibliographies
formation santé
référentiel de pneumologie
Université de Bordeaux II
tabacologie
cas cliniques

Maladies Pulmonaires infiltratives diffuses
En savoir plus...

Créé le 23/03/2001 Auteur : A. Taytard (Mis à jour le 15/01/2008)
Révisé le 02/01/2003 A. Tazi  
     

Sommaire

  • Définitions
  • Classification
  • Anatomopathologie physiopathologie
  • Clinique
  • Biologie
  • Imagerie
  • Etiologies
  • Complications
  • Principes thérapeutiques
  • Surveillance en état stable

 

On préfère le terme "infiltrative" à "infiltrante" parce qu'un certain nombre de pneumopathies interstitielles ont un point de départ alvéolaire (ex : protéinose alvéolaire, habituellement rangée dans ce chapitre)

Définitions

Interstitium : épithélium alvéolaire + endothélium capillaire alvéolaire + matrice extracellulaire + cellules interstitielles + tissu conjonctif péribroncho-vasculaire et sous-pleural

Syndrome interstitiel : ensemble de signes radiologiques en rapport avec une atteinte de l'interstitium sans préjuger de l'étiologie

Fibrose : aspect anatomopathologique constituant le risque et le terme évolutif des atteintes inflammatoires de l'interstitium

Les maladies infiltratives diffuses du poumon forment un groupe hétérogène de maladies ; elles représentent environ 15% des maladies broncho-pulmonaires. Elles sont caractérisées par des lésions inflammatoires et/ou fibreuses de l'interstitium pulmonaire, plus rarement des espaces alvéolaires.


Classification
  
 

Maladies pulmonaires infiltratives diffuses d'origine connue : médicaments, profession, antigènes organiques (pneumopathies d'hypersensibilité)

 

Maladies pulmonaires infiltratives diffuses associées aux collagénoses (caractère multifactoriel ; différentes causes possibles)

  Maladies pulmonaires infiltratives diffuses granulomateuses : sarcoïdose
 

Maladies pulmonaires infiltratives diffuses d'autres origines : lymphangioléiomyomatose, histiocytose à cellules de Langerhans, pneumonie éosinophile

  Pneumopathie interstitielle idiopathique
    Fibrose pulmonaire idiopathique
    Pneumopathies interstitielles idiopathiques autres
      Pneumonie interstitielle desquamative
      Pneumonie interstitielle aiguë
      Pneumonie interstitielle non-spécifique
      Maladie pulmonaire interstitielle avec bronchiolite respiratoire
      Pneumonie organisée cryptogénique (BOOP)
     
Pneumonie interstitielle lymphocytaire (surtout fréquente dans le syndrome de Sjögren et la polyarthrite rhumatoïde)
     
Quelquefois classées en
   Maladies infiltratives diffuses aiguës (moins de 3 semaines) : infection ; immuno-allergique ; insuffisance ventriculaire gauche ; hémorragie alvéolaire
   Maladies infiltratives diffuses épisodique
   Maladies infiltratives diffuses chroniques
   

Réf :
American Thoracic Society/European Respiratory Society international multidisciplinary consensus classification of the Idiopathic Interstitial Pneumonia. Am J Respir Crit Care Med 2002;165:277-304
Cottin V, Capron F, Grenier P, Cordier JF. Pneumopathies interstitielles diffuses idiopathiques. Rev Mal Respir 2004;21:299-318


Anatomo-pathologie
Physiopathologie
  
1/ Phase d'agression initiale : œdème
  destruction cellulaire : endothélium, pneumocytes I
  œdème lésionnel : exsudat fibrineux interstitiel et/ou endo-alvéolaire 
  
2/ Phase de pneumonie interstitielle : alvéolite
  prolifération de pneumocytes II
  cellules inflammatoires dans l'interstitium et l'alvéole (moindre dans la fibrose pulmonaire idiopathique)
   
3/ Phase de fibrose
  diminution de la cellularité
  métaplasie cubique du revêtement alvéolaire
  remaniements des structures alvéolaires, activation et prolifération des fibroblastes et remplacement du tissu interstitiel par du tissu collagène

Clinique
  
Signes d'appel
rien : découverte d'un syndrome interstitiel radiologique  à l'occasion de : dépistage, surveillance professionnelle, surveillance d'une co-morbidité susceptible de toucher le poumon 
signes généraux
signes fonctionnels respiratoires : toux sèche
dyspnée d'effort souvent attribuée à l'âge, la surcharge pondérale, le déconditionnement, une infection récente
hémoptysie ?
signes extra-respiratoires
    cutanés
    rhumatologiques
    autres
   
Examen
râles crépitants
cyanose, hippocratisme digital
pleurésie associée ?
signes extra-thoraciques

Biologie

Peu d'intérêt sauf pour les examens spécifiques des étiologies recherchées


Imagerie
 
Méthode
  Radiographie thoracique (RT)
  TDM coupes fines haute résolution : informations diagnostiques et pronostiques (fibrose pulmonaire idiopathique : mauvais pronostic)
  TDM spiralée
  Retenir l'anomalie prédominante : micro-nodules, réticulation, kystes, opacités en plage, verre dépoli, lignes de Kerley (à la RT), rayons de miel  
    
Résultats
  début
 RT : normale (environ 10 % des cas avec anatomo-pathologie positive)
 TDM : épaississement des septa
  stade de pneumopathie interstitielle
 opacités linéaires (réticulaires)
 opacités nodulaires (micronodules ++)
 images en verre dépoli (TDM++)

images plus spécifiques
 condensations alvéolaires : pneumonie à éosinophiles ; pneumonie organisée cryptogénique
 images kystiques : histiocytose ; lymphangioléiomyomatose

  stade de fibrose
 images en "rayon de miel" ou "nid d'abeille"
 diminution des volumes pulmonaires
 images de rétraction : hiles, coupoles, scissures, bronchectasies
  images associées
 adénomégalies médiastinales
 lésions pleurales : épanchement (liquide, gazeux), pachypleurite, plaques
± signes d'insuffisance cardiaque droite (ICD) et d'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP)
  L'imagerie est essentielle pour orienter les biopsies.
   
Au total : conduite à tenir devant un syndrome interstitiel radiologique
    

Exploration fonctionnelle
respiratoire
  
Essentielle pour
  le diagnostic de gravité
  le suivi
    
SPIROMÈTRIE
  Syndrome restrictif
  Syndrome obstructif associé ?
    
ÉCHANGES GAZEUX
  Hypoxémie apparaissant ou aggravée à l'effort
  Diminution de la capacité de transfert du CO (TLCO)
  
Diminution de la COMPLIANCE
peu d'intérêt dans ces maladies
 
EPREUVE D'EFFORT
test de marche

Endoscopie
  
Bronches : normales, le plus souvent
  
Lavage broncho-alvéolaire (LBA) :
  1. éliminer infection et cancer
  2. orientation diagnostique
   lymphocytaire
   neutrophile
   éosinophile
  
Biopsies pulmonaires trans-bronchiques :
  Précocement dans la maladie, sujet jeune sans diagnostic (++)
Limites : taille de la biopsie, faible spécificité des lésions anciennes
  
Biopsie per-thoracoscopie ?
  
Médiastinoscopie
  
Biopsies orientées sur d'autres lésions associées
Biopsie pulmonaire chirurgicale : lorsqu'elle est susceptible d'influer sur la prise en charge du patient
  
Au total
Le diagnostic est porté sur un faisceau d'argument
Diagnostic différentiel : insuffisance cardiaque gauche ; lymphangite carcinomateuse ; pneumopathies du VIH

Au total : Procédure diagnostique


Maladies Infiltratives Diffuses du Poumon
Étiologies
  
Interrogatoire : essentiel au diagnostic étiologique

Quelques éléments d'orientation
Age (< 40 ans : sarcoïdose ; > 40 ans : MID primitive)
Sexe (femme en période d'activité génitale : lymphangiomyomatose)
Ethnie (noire : sarcoïdose)
Tabagisme (fumeur : histiocytose, bronchiolite respiratoire du fumeur, très rarement pneumopathie d'hypersensibilité
Antécédents personnels et familiaux
Médicaments (cordarone, méthotrexate)
Exposition professionnelle ou environnementale
Mode de révélation de la MID (douleur thoracique : côte : cancer, histiocytose ; hémoptysie : lymphangiomyomatose ; subaigu, rapide ou lent sur plusieurs mois ou années)
Toxicomanie (IV : granulomatose)
Voyages (parasitoses ; mycoses)
Animaux (PNPT d'hypersensibilité, infectieuses, éosinophiles)
Immunodépression, cancer

     
Causes extrinsèques 
   

TOXIQUES

inhalés : oxygène, mercure, béryllium, chlore, ammoniac, essence...
ingérés : paraquat
   
Radiations ionisantes : radiothérapie (cancer du sein, cancer broncho-pulmonaire)
Médicaments : exemples les plus fréquents : Amiodarone, Bléomycine, Cyclophosphamide, Hydralazine, Méthotrexate, Nitrofurantoïne,  Procaïnamide, Pénicillamine, Sels d'or...(liste non exhaustive)
Difficulté d'imputabilité
Site à consulter devant toute suspicion de pathologie pulmonaire médicamenteuse : Pneumotox
     
POUSSIÈRES INORGANIQUES
Maladies professionnelles ++
Pneumoconioses
fibrogènes : silicose, asbestose
non fibrogènes : sidérose
granulomateuses : bérylliose
     
PARTICULES ORGANIQUES
Pneumopathies d'hypersensibilité (maladie du poumon de fermier, maladie des éleveurs d'oiseaux,...)
Tableau aigu et/ou chronique
Maladie professionnelle
    
CAUSES INFECTIEUSES
Tableau aigu d'infection respiratoire basse
virus (++)
agents mycotiques (++)
bactéries (-)
volontiers chez un immunodéprimé
Réf :
Nunes H, Deny P, Raphael M, Valeyre D. Pneumopathies chroniques infiltrantes diffuses et virus. Rev Mal Respir 2001;18:247-55
    
Causes intrinsèques et/ou maladies primitives
     

LYMPHANGITE CARCINOMATEUSE

Toujours y penser ++
Rechercher le cancer primitif
    
GRANULOMATOSES
    
 
 
Connectivites
La maladie infiltrative diffuse pulmonaire peu précéder les premiers signes cliniques de la connectivite de plusieurs mois voire années.
Marqueurs de mauvais pronostic : TLCO abaissée, anticorps anti-Scl 70 (bon marqueur de la fibrose pulmonaire), éosinophilie au lavage bronchiolo-alvéolaire, marqueurs de lésion épithéliale (taux sérique de KL6)
Il y a environ 2 fois plus d'HTAP que la clinique n'en fait diagnostiquer (Wigley, 2005)
Sclérodermie : tous ces patients doivent avoir, chaque année, une échocardiographie et une mesure de la TLCO (niveau A). 1/3 de ces patients ont une insuffisance ventriculaire diastolique ; le BNP est sans doute utile (Leuchte HH, 2004).
Maladie rhumatoïde
Lupus érythémateux disséminé
Polymyosite et dermatomyosite
Gougerot-Sjögren

Vascularites
Maladie de Wegener (MID rare)

Maladies génétiques
sclérose tubéreuse
neurofibromatose
maladie de Niemann-Pick
maladie de Gaucher
syndrome de Hermansky-Pudlack
  
En pratique :
 
rechercher une 
 
  insuffisance cardiaque gauche
 
  cause infectieuse
 
  cause extrinsèque
 
pour lesquelles une guérison peut être obtenue (éviction, traitement spécifique)
 
sinon, il s'agit le plus souvent d'une
 
  sarcoïdose
 
  lymphangite carcinomateuse
 
  fibrose pulmonaire idiopathique

Complications

Aggravation progressive de la fonction respiratoire
Hypertension artérielle pulmonaire et cœur pulmonaire
  fréquence de l'HTAP varie beaucoup selon les études (sclérodermie : 5-40% ; lupus 4-40%)
  causes multiples
  vasoconstriction et remodelage vasculaire
  fibrose péri-vasculaire et destruction vasculaire
  hypoxémie nocturne
  angiopathie thrombotique et embolie pulmonaire
  maladie occlusive vasculaire périphérique (fibrose pulmonaire idiopathique, sarcoïdose)
  inflammation microvasculaire
  granulomes vascualires (sarcoïdose)
  prédisposition génétique
  diagnostic :
  TLCO, test de marche mieux corrélés à la présence d'une HTAP que les mesures de la fonction respiratoire ;
  échographie peu précise, conduisant souvent à un sur-diagnostic
  BNP (NT-proBNP) : forte probablité d'HTAP lorsqu'il est élevé mais ne distingue pas entre le coeur gauche et le coeur droit
Embolie pulmonaire
Pneumothorax
Infections respiratoires (du fait de la maladie et de ses traitements)
Cancer bronchique


Principes thérapeutiques
 
Traitement de la cause
Éviction des facteurs responsables +++
Arrêt du tabac
  
Traitement de la composante inflammatoire
Corticothérapie orale (pas d'études randomisées)
attaque : 1mg/kg/j x 1 mois
puis : baisse progressive en fonction de la clinique (plancher moyen : 10-20 mg/j)
  
Immunosuppresseurs (bénéfices incertains)
Azathioprine (IMUREL®) : 3 mg/kg/j (total = 150mg/j)
Cyclophosphamide (ENDOXAN®) : 100-150 mg/j
Autres traitements : voir fibrose pulmonaire idiopathique
  
Traitements symptomatiques 
  
fibrose chez les sujets jeunes
 
Réf : 
Bergeron A, Tazi A, Crestani B. Pneumopathies interstitielles diffuses idiopathiques. Rev Mal Respir 2004;21:1183-6
Kim DS, Collard HR, King TE. Classification and natural history of the idiopathic interstitial pneumonias. Proc Am Thorac Soc 2006;3:285-92
Myers JL, Tazelaar HD. Challenges in pulmonary fibrosis: 6 - Problematic granulomatous lung disease. Thorax 2008;63:78-84

Surveillance en état stable

Objectifs
surveiller
l'évolution de la maladie
la réponse au traitement

Méthode
Surveillance spécifique de l'étiologie et de son traitement
Tous les 3-6 mois
EFR
TDM thorax


A lire

- Démarche diagnostique devant une pneumopathie infiltrante diffuse chronique du sujet non immunodéprimé - A. Tazi ; 2000


Si des termes ne vous paraissent pas clairs ou si vous avez des questions ou suggestions, écrivez-nous.

Nous adhérons aux principes de la charte HONcode.
Vérifiez ici.
Tous droits réservés © Geri-Communication 2008
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage et mentions légales, en accepter et en respecter les dispositions.

Respir.com est enregistré à la C.N.I.L. sous le n°757727 VERSION 1
Nos partenaires Associations & Collèges Collège des Enseignants de Pneumologie Entreprises Pierre Fabre Médicament
Déplacements & séjours de patients
Assistance médico-technique à domicile
Communication & Marketing santé