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Bronchopneumopathie chronique obstructive
Dépistage

Créé le 01/01/2007 Auteur : A. Taytard (Mis à jour le 21/03/2008)
     
     

Sachant que la plupart des personnes ayant une obstruction bronchique ne perçoivent pas, n'identifient pas ou ne rapportent pas leurs symptômes à leur médecin, on a promu la spirométrie en médecine générale comme méthode facilitant un diagnostic précoce de BPCO.

Bien qu'il soit difficile dans les travaux publiés de distinguer ce qui est du dépistage ou du diagnostic précoce, l'un et l'autre impliquent que
la maladie est importante au plan social par sa gravité et/ou sa fréquence, ce qui est le cas de la BPCO
on peut la déceler à un stade latent, ce qui est le cas avec la spirométrie après que les médecins aient été formés à sa réalisation et à son interprétation
le médecin dispose de moyen de confirmation, ce qui est le cas avec la BPCO dont le diagnostic repose sur un paramètre fonctionnel respiratoire facile à mettre en oeuvre
les traitements applicables à ce stade précoce donnent de meilleurs résultats qu'un traitement plus tardif (contrôle et/ou guérison) et c'est là que les difficultés apparaissent.

8 questions

1/ Quels sont les effets du dépistage d'une BPCO grâce à la spirométrie chez un non fumeur ?
Hors du milieu professsionnel, rien ne montre, à ce jour, l'intérêt de cette démarche chez le sujet asymptomatique.

2/ Est ce que le dépistage de la BPCO grâce à la spirométrie modifie la prise en charge du malade ?
Dans une étude récente (Walker, 2006), on a pu noter une augmentation significative de l’usage d’anticholinergiques (37 versus 18 %), de b2-agonistes longue action (25 versus 8 %) et de stéroïdes inhalés (71 versus 52 %).
Plus des ¾ des fumeurs ont reçu un conseil sur le sevrage tabagique ; très peu ont été envoyés en réhabilitation respiratoire.

3/ Est ce que le dépistage de la BPCO grâce à la spirométrie réduit la morbidité et la mortalité ?
Aucune étude contrôlée ne permet de répondre à cette question aujourd'hui.

4/ Quels sont les effets secondaires du dépistage de la BPCO grâce à la spirométrie ?
On observe un certain nombre de faux-positifs chez des sujets asymptomatiques.
On n'a pas identifié d'effets secondaires significatifs liés à cette démarche.

5/ Est ce que les fumeurs chez lesquels on dépiste une BPCO grâce à la spirométrie ont des taux plus élevés de sevrage que les autres fumeurs ?
Controversé. Il n'y a pas de preuve claire que ce dépistage augmente la motivation du fumeur au sevrage.
Le comportement tabagique change plutôt chez les sujets plus âgés, moins dépendants de la nicotine, avec une exposition plus faible au tabac et une fonction respiratoire plus basse, ce qui est rarement le cas des sujets asymptomatiques (Bednarek, 2006 ; Gorecka, 2003).

6/ Est ce que les traitements pharmacologiques, l'oxygénothérapie ou la réhabilitation respiratoire des BPCO dépistées grâce à la spirométrie sont associés à une baisse de la morbidité ou de la mortalité ?
Toutes les études ont été faites chez des patients qui ont fumé, symptomatiques, souvent sévères, chez lesquels ces traitements sont recommandés puisqu'ils réduisent, même modestement, le nombre des exacerbations, les mesures de qualité de vie et la mortalité.
Rien ne montre que des malades "asymptomatiques" tireraient le même bénéfice que les malades "symptomatiques" entrés dans les essais, sans compter que l'absence de symptômes ne favorise pas l'observance.

7/ Quels sont les effets secondaires associés aux traitements des BPCO dépistées par spirométrie ?
Toutes les études ont été faites chez des patients BPCO symptomatiques.
Les effets secondaires, même mineurs, doivent être évalués pour des sujets sans symptômes liés à leur BPCO, surtout chez les sujets de plus de 70 ans qui peuvent être victimes d'un "sur-diagnostic" (Hardie, 2002).
L'anxiété provoquée par un éventuel "sur-diagnostic" doit aussi être prise en compte.

8/ Est ce que les vaccinations contre la grippe et le pneumocoque sont associées à une baisse de la morbidité et de la mortalité chez les malades BPCO dépistés par spirométrie ?
Aucune étude n'a cherché à voir si la réalisation d'une spirométrie augmentait le taux de vaccination contre la grippe.
On ne sait pas si l'efficacité des vaccinations varie avec la sévérité des BPCO.

Au total, on estime qu'il faudrait dépister 833 sujets fumeurs, de plus de 40 ans pour différer la première exacerbation.

Réf
Bednarek M, Gorecka D, Wielgomas J, Czajkowska-Malinowska M, Regula J, Mieszko-Filipczyk G, Jasionowicz M, Bijata-Bronisz R, Lempicka-Jastrzebska M, Czajkowski M, Przybylski G, Zielinski J. Smokers with airway obstruction are more likely to quit smoking. Thorax 2006;61:869-73
Gorecka D, Bednarek M, Nowinski A, Puscinska E, Goljan-Geremek A et al. Diagnosis of airflow limitation combined with smoking cessation advice increases stop-smoking rate.  Chest 2003;123:1916-23
Hardie JA, Buist AS, Vollmer WM, Ellingsen I, Bakke PS, Mørkve O. Risk of over-diagnosis of COPD in asymptomatic elderly never-smokers. Eur Respir J 2002;20:1117-22
Lin K, Watkins B, Johnson T, Rodriguez JA, Barton MB. Screening for Chronic Obstructive Pulmonary Disease Using Spirometry: Summary of the Evidence for the U.S. Preventive Services Task Force [Internet]. Agency for Healthcare Research and Quality (US) 2008;Mar:Report No.: 08-05113-EF-1
Lin K, Watkions B, Johnson T, Rodriguez JA, Barton MB. Screening for chronic obstructive pulmonary disease using spirometry: Summary of the evidence for the US preventice services task force. Ann Intern Med 2008;148:535-43
US preventive services task force. Screening for chronic obstructive pulmonary disease using spirometry: US preventice services task force recommandation statement. Ann Intern Med 2008;148:529-34
Walker PP, Mitchell P, Diamantea F, Warburton CJ, Davies L. Effect of primary-care spirometry on the diagnosis and management of COPD. Eur Respir J 2006;28:945-52

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