BPCO Comment traiter les composantes de l'obstruction ? |
| Créé le 11/05/2000 |
Auteur : A. Taytard |
(Mis à jour le 21/09/2004) |
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Sommaire
- L'hypersécrétion bronchique
- Le bronchospasme
- L'inflammation
- L'infection
1/
L'hypersécrétion bronchique
a/ diminuer sa production par :
l'éviction des
facteurs irritants, au premier rang desquels le tabac, qui
est ici fondamentale,
la lutte contre
les foyers infectieux, dentaires, sinusiens qui entretiennent l'irritation.
b/ améliorer ses
qualités visco-élastiques :
Non seulement les sécrétions sont exagérées mais le tapis ciliaire est très
détérioré, surtout au cours des exacerbations.
On pourra donc conseiller :
une hydratation
suffisante, supérieure à 1,5L/j qui rend les sécrétions moins visqueuses et moins
denses,
un modificateur
des sécrétions bronchiques :
agents
fluidifiants
mucorégulateurs
mucolytiques.
Ces produits semblent utiles mais leurs indications, dans le traitement de fond ou au
cours des exacerbations, sont parfois difficiles à déterminer.
Ils peuvent induire un bronchospasme chez certains patients.
Leur association à la kinésithérapie est très souhaitable.
Règle d'utilisation des mucomodificateurs dans
les BPCO stables
c/ favoriser
son élimination par :
la
kinésithérapie respiratoire avec apprentissage d'une ventilation ample, profonde,
facilitant le drainage bronchique et complétée par une toux productive et efficace ;
elle favorise la désobstruction bronchique et augmente le confort du malade.
les
ß2-agonistes et les bases xanthiques qui peuvent également améliorer la clairance
muco-ciliaire altérée de ces sujets.
2/ Le bronchospasme
Il faut déterminer le bronchodilatateur ou
l'association de bronchodilatateurs la plus efficace.
3/
L'inflammation
Elle est
difficile à reconnaître et à quantifier.
La présence de sibilances est un argument de présomption.
Elle est une part réversible de l'obstruction et il faut essayer d'y pallier. Bien
que controversée, la corticothérapie est le plus souvent utile.
En état
stable : test de réversibilité aux
corticostéroïdes
Attention à la corticothérapie générale
au long cours
Règle d'utilisation des corticostéroïdes
inhalés dans les BPCO stables
Au cours d'une
exacerbation : une corticothérapie temporaire (2 semaines en moyenne), par voie
générale, est le plus souvent indispensable (1).
On prescrit une dose de 40mg per os de prednisone par jour (ou équivalent). On choisit la
corticothérapie orale parce que l'on craint que l'efficacité des sprays soit limitée
par la difficulté d'atteindre les zones intéressées par le processus pathologique ; on
fera appel aux formes à action courte.
Réf :
(1) : Niewohner DE. et al:
Effect of systemic glucocorticoïds on exacerbations of
chronic obstructive pulmonary disease. N Engl J Med. 1999;340:1941-7 |
4/ L'infection
A court terme, elle
aggrave
les autres éléments constitutifs de l'obstruction
la
morbidité et la mortalité
A long terme, elle
peut avoir 2 conséquences :
participation
à la dégradation progressive du poumon par la colonisation et l'infection chronique
chez
l'enfant prédisposition aux bronchopneumopathies de l'adulte.
En état stable,
son traitement fait appel à la
prévention
la vaccination anti-grippale est nécessaire
la vaccination anti-pneumococcique est souvent utile.
Au cours d'une
exacerbation
La bactériologie est rarement nécessaire en première
intention, les germes les plus fréquents étant connus (Hémophilus, pneumocoque) ;
l'antibiothérapie doit être probabiliste.
La bactériologie devra se faire sur un prélèvement protégé
après
2 antibiothérapies probabilistes inefficaces
lorsque
l'on suspecte un germe particulier et/ou une résistance
lorsqu'il
s'agit d'une infection nosocomiale
Son traitement fait appel à :
l'antibiothérapie
elle a pour but
:
d'accélérer la guérison de l'exacerbation
d'éviter
l'aggravation et la décompensation de l'insuffisant respiratoire
elle doit être
utilisée :
lorsque l'expectoration devient purulente (± fièvre, hyperleucocytose...), chez
l'insuffisant respiratoire car on ne peut pas prendre le risque d'une aggravation
précocement,
dès les premiers signes de surinfection : sécrétions plus importantes, plus visqueuses,
plus colorées. L'identification du germe responsable, préoccupation louable, est ici
inutile voire néfaste si elle conduit à retarder la prescription. C'est l'argument de
fréquence qui doit prévaloir : pneumocoque, hémophilus ...
on prescrira
en
première intention : l'ampicilline, les macrolides ou une céphalosporine de 1ère
génération. Ils sont actifs sur les germes envisagés et ont une bonne pénétration
bronchique ; les symptômes doivent régresser en 5 à 7 jours. L'antibiothérapie doit
être administrée au moins 7 jours.
en
cas d'échec (3 à 5 jours), pénicilline A + inhibiteur des ß-lactamases,
céphalosporines de 2ème ou 3ème génération, quinolone
après 2
antibiothérapies inopérantes
fibroscopie bronchique pour
désencombrer
l'arbre trachéo-bronchique
faire
un prélèvement endobronchique protégé à visée bactériologique
diagnostiquer
une éventuelle obstruction organique
diagnostiquer
une éventuelle dyskinésie trachéo-bronchique
Les RMO ne s'appliquent pas aux exacerbations de BPCO.
la kinésithérapie : elle favorise la
désobstruction bronchique, augmente le confort du malade et limite la durée et les
conséquences des exacerbations.
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