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BPCO
Sexe / Genre

Créé le 15/07/1999 Auteur : A. Taytard (Mis à jour le 20/1/2013)
     
     
  
Les observations
Il est à noter que dans les travaux épidémiologiques et cliniques, la différence n'est jamais clairement faite entre sexe (notion biologique) et genre (notion culturelle).
 
épidémiologiques
  la fréquence des BPCO augmente chez les femmes.
  tandis que la prévalence des BPCO semble avoir connu un pic chez l'homme, elle continue à augmenter chez les femmes. Cette tendance, avec le vieillissement de la population et les effets à long terme du tabagisme chez la femme, a toute chance d'augmenter la charge des BPCO (Soriano, 2000).
  le risque de BPCO lié au tabagisme est plus élevé chez les femmes que chez les hommes.
  à exposition égale, le retentissement fonctionnel est plus important que chez les hommes.
  une femme qui fume le même nombre de paquet-années qu’un homme est plus sévèrement atteinte par la concentration de goudron dans un espace aérien plus petit et moins bien ventilé.
  chez les femmes, fumer dans l'enfance est un facteur indépendant de développement d'une maladie bronchique (Patel, 2004).
  les femmes sont plus souvent exposées au tabagisme passif et on retrouve plus de femmes chez les non fumeurs avec BPCO.
  on ne connait pas précisément l'exposition au tabac des femmes fumeuses qui dépend du type de la cigarette, de la proportion de la cigarette réellement fumée, de la profondeur de l'inhalation et du nombre de paquet-années
  le risque d'hospitalisation pour BPCO, et de décès, est plus élevé chez les hommes.
  les femmes ont plus de difficulté à se sevrer du tabac et à rester abstinentes mais, lorsqu'elles y réussissent, l'amélioration de leur VEMS après sevrage est 2,5 fois plus important que chez les hommes ; par contre elles rapportent moins de soulagement des symptômes.
  les substituts nicotiniques semblent moins efficaces que chez les hommes et la prise de poids est plus importante ; le bupropion et la varénicline sont aussi efficaces que chez les hommes.
  la possibilité d’une sensibilité plus importante à la nicotine, et de symptômes de sevrage plus marqués, et le moment de la tentative d’arrêt par rapport au cycle menstruel sont des barrières physiologiques affectant le succès chez la femme.
  elles ont aussi significativement des niveaux plus élevés de dépression et d’anxiété dans les études comparant hommes et femmes BPCO. Avec le besoin d’un soutien social et la crainte de la prise de poids, ce sont des facteurs limitant le désir de sevrage chez la femme.
Il semble que l'effet nocif du tabac sur les bronches soit plus grand chez les femmes que chez les hommes
cliniques
  elles rapportent plus de dyspnée sévère, d'anxiété et de dépression, et une plus mauvaise qualité de vie.
  elles rapportent moins souvent d'expectoration
  il y a une forte association entre l’anxiété et la dépression, et le mauvais état de santé et les hospitalisations répétées.
  il existe des différences liées au sexe dans la perception des symptômes ; mais il s'agit d'un phénomène multifactoriel avec des composantes biologiques (De Torres, 2007), socio-culturelles, environnementales et psychologiques.
  les MG sous-diagnostiquent les BPCO particulièrement chez les femmes. La spirométrie réduit ce risque mais elle est sous-utilisée (Chapman, 2001).
  à obstruction égale, les femmes ont un index de masse corporelle et une masse maigre plus basses (de Torres, 2005).
  les femmes ont plus de co-morbidités psychiatriques rendant plus important le besoin de prise en charge spécifique. Le plus grand risque d’ostéoporose chez les femmes souligne le besoin de surveiller la densité minérale osseuse et d’envisager calcium, vitamine D ou biphosphonates lorsque nécessaire.
  les co-morbidités cardio-vasculaires et le diabète sont moins fréquents chez les femmes.
  après 3 mois de réhabilitation à l'exercice, les hommes et les femmes ont la même amélioration de la qualité de vie.
physiopathologiques
  l’inflammation chronique provoquée par l’infiltration à neutrophiles est un élément important de la destruction des voies aériennes. Les œstrogènes semblent retarder l’apoptose des neutrophiles et augmentent la libération de la myélopéroxydase, de l’élastase et des superoxydes, conduisant à une diminution de l’élasticité bronchique et à une destruction inflammatoire diffuse.
  l’hyper-réactivité bronchique varie pendant le cycle menstruel et connait son maximum dans les phases lutéales et folliculaires.
  cela augmente la corrélation entre la différence en hormone sexuelle et le processus inflammatoire dans l’organisme.
fonctionnelles
  elles ont plus souvent un phénotype bronchique qu'emphysémateux.
  la plus forte prévalence d'HRB chez les femmes est due à un calibre des voies aériennes plus petit que leurs correspondants hommes (Kanner, 1994).
  les femmes fumeuses et ex-fumeuses ont plus souvent un VEMS/CVF diminué que les hommes (Silverman, 2000).
  les femmes fumeuses semblent avoir un déclin plus rapide du VEMS que les hommes fumeurs (Gan, 2006) mais ce résultat est controversé (Kohansal, 2009).
pronostiques
  les femmes ont un taux de mortalité plus élevé que les hommes dans un rapport de 1.8 (1.5–2.0) dans la BPCO (Ringbaeck, 2005).
Facteurs explicatifs
Ils peuvent être
biologiques (Sin, 2007)
psychologiques
environnementaux (exposition personnelle : mode d'inhalation ; domestique ; professionnelle)
économiques
sociaux
biologiques
hormones : androgènes, œstrogènes, progestérone : peu de données
cycle menstruel : peu de données
contraceptifs : peu de données
grossesse (3 trimestres différents ; accouchement ; influence de la mère sur le fœtus ; influence du fœtus sur la mère ; nombre de grossesses ; traitements nécessaires à l'obtention d'une grossesse ; changements respiratoires pendant la grossesse ; allaitement) :  peu de données sauf sur la relation mère - fœtus
ménopause (naturelle ; induite ; traitement substitutifs) : peu de données
La BPCO a une composante auto-immune ; or 78 % des malades atteints de ces maladies dans la population sont des femmes. Elles répondent aux infections, vaccinations par une augmentation de la production d'anticorps Th2 tandis que les hommes ont une réponse prédominante Th1. La ménopause modifie le système immunitaire et l'impact de cette modification sur la fonction respiratoire des femmes fumeuses n'est pas connu.
 

Réf :
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Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données publiées dans ce texte.

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