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Mode d'action potentiel des facteurs de risque
chez le sujet bronchopathe chronique

Créé le 11/10/2000 Auteur : A. Taytard (Mis à jour le 17/09/2006)
     
     

Sommaire

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Exacerbations de BPCO
La fréquence moyenne annuelle des exacerbations de BPCO est de 1 à 2 et augmente avec la progression de la maladie.
La pollution et les autres facteurs environnementaux comptent pour 15 à 20 % des exacerbations.

Les infections bactériennes provoquent environ 50 % des exacerbations.
Les bactéries sont présentes à des concentrations cliniquement significatives chez 4 % des adultes sains, 29 % des adultes avec BPCO stable et 54 % des adultes en exacerbations de BPCO.
L'acquisition de nouvelles souches bactériennes joue un rôle central dans la physiopathologie des exacerbations. Mais toutes les acquisitions de bactéries pathogènes ne sont pas suivies d'exacerbation.
Les souches d'Haemophilus influenzae qui provoquent des exacerbations ont une adhérence plus importante aux cellules épithéliales, induisent davantage d'interleukine 8 et augmentent plus le recrutement de neutrophiles par rapport aux souches colonisantes.
Un déficit des systèmes de défense immunitaires innés (lésion de la clairance muco-ciliaire, de la phagocytose des macrophages alvéolaires, des cellules épithéliales des voies aériennes) dans les BPCO permettent la prolifération et l'installation des bactéries.

Des virus sont détectés dans 1/3 à 2/3 des exacerbations de BPCO ; les plus fréquemment retrouvés sont les rhinovirus mais dans les exacerbations plus sévères, avec hospitalisation, on retrouve plus souvent influenza.
Les virus favorisent l'augmentation de l'adhésion et de l'invasion bactérienne.

BPCO en état stable
Dans les BPCO stables, la présence de pathogènes respiratoires dans les voies aériennes est fréquente, et le taux augmente avec l'aggravation de l'obstruction bronchique.
Quand les sécrétions sont colonisées par des bactéries, on y retrouve davantage de TNF-a, d'interleukine-8, de leucotriène B4 et de produits de dégradation des neutrophiles (myélopéroxydase, élastase neutrophile).
La colonisation bactérienne, et l'inflammation qui lui est associée, se développent très tôt et persistent chez les anciens fumeurs avec BPCO.
Cette colonisation est, en fait, une infection à bas bruit qui peut aggraver la maladie en lésant les bronches et en induisant la formation de bronchectasies.
Lorsque la sévérité de l'obstruction s'aggrave, la colonisation par Chlamydophila pneumoniae et Pneumocystis jiroveci devient plus fréquente.

Les antibiotiques (macrolides) à visée prophylactique peuvent être utilisés pour leur action
- antibactérienne,
- anti-inflammatoire et immunomodulatrice.
Les premiers essais n'ont pas été concluants (Black, 2003).
Des résultats modestes mais encourageants ont été obtenus dans la mucoviscidose (Southern, 2004).
Des essais sont actuellement en cours dans les BPCO pour revoir la question des traitements antibiotiques intermittents et de leur effet anti-inflammatoire (macrolides) pour prévenir les exacerbations (Seemungal, 2008 ; clinicaltrials.gov NCT00325897).

Réf :
Black P, Staykova T, Chacko E, Ram FS, Poole P. Prophylactic antibiotic therapy for chronic bronchitis. Cochrane Database Syst Rev 2003;1:CD004105 
Clinicaltrials.gov NCT00325897. Macrolide Azithromycin to Prevent Rapid Worsening of Symptoms Associated With Chronic Obstructive Pulmonary Disease.
Seemungal TA, Wilkinson TM, Hurst JR, Perera WR, Sapsford RJ, Wedzicha JA. Long-term erythromycin therapy is associated with decreased chronic obstructive pulmonary disease exacerbations. Am J Respir Crit Care Med 2008;178:1139-47
Sethi S, Murphy TS. Infection in the pathogenesis and course of chronic obstructive pulmonary disease. N Eng J Med 2008;359:2355-65
Southern KW, Barker PM, Solis A. Macrolide antibiotics for cystic fibrosis. Cochrane Database Syst Rev 2004;2:CD002203

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