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| Le traitement de la crise d'asthme sévère a 3 objectifs |
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lever l'obstruction bronchique :
bronchoconstriction : bronchodilatateurs
inflammation : corticoïdes
encombrement : kinésithérapie de drainage si nécessaire |
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maintenir une PaO2 satisfaisante oxygénothérapie adaptée |
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prévenir la rechute poursuivre la prise en charge jusqu'à retour à l'état antérieur |
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Bronchodilatateurs |
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ß2-agonistes
Ils sont les traitements de
référence du fait de leur rapidité d'action et de leur efficacité.
On utilise des nébulisations, même si le
malade a déjà utilisé des ß2-agonistes à domicile.
Lorsque l'on n'en dispose pas, on peut les utiliser en bouffées
successives dans une
chambre d'inhalation.
Le résultat est fonction de la dose administrée et non de la
manière dont elle est donnée ; la dose optimale est de l'ordre de 5 à
10mg nébulisés.
En pratique
1/ prescription : ß2-adrénergiques à forte dose
Nébulisation en 5 à 10 min de SALBUTAMOL ou BRICANYL 5mg en nébulisation
- ou injection sous-cutanée d'un
ß2-adrénergique ; cette voie peut être utilisée en médecine générale dans
l'attente de secours médicalisés.
- ou perfusion
intra-veineuse d'un ß2-adrénergique
à la seringue électrique (en milieu spécialisé) ; cette voie est rarement nécessaire ; elle peut être prescrite
en doses croissantes de 0,25-0,5mg/h de salbutamol jusqu'à un maximum de
5mg/h.
Si on ne dispose
d'aucun de ces moyens on peut avoir recours à
Spray SALBUTAMOL
ou TERBUTALINE 20 bff
-administré en 3 à 5
min par une chambre d'inhalation de 750mL
-pressions multiples par
groupes de 5
Les aérosol-doseurs n'ont pas leur place ici sauf en chambre
d'inhalation.
2/ surveillance : en cas d'utilisation des ß2-agonistes injectables (sous-cutanée ou IV) : kaliémie, rythme cardiaque (< 140/min).
Anticholinergiques
Ce
ne sont pas les bronchodilatateurs de première ligne.
Ils sont particulièrement utiles
- chez les patients dont le bronchospasme a été induit
par un ß-bloqueur
- en association avec le traitement ß2-agoniste dans la première heure
- chez les patients qui
supportent mal les ß2-agonistes.
On les utilisera en nébulisation.
Comme les ß2-agonistes, on peut les utiliser en bouffées
successives dans une
chambre d'inhalation.
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Réf :
Rodrigo
GG, Rodrigo C. Continuous versus intermittent b-agonists
in the treatment of acute adult asthma: a systematic review with
meta-analysis. Chest 2002;122:160-5 |
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Corticostéroïdes systémiques |
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Les corticostéroïdes ont
un triple intérêt |
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anti-inflammatoire |
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potentialisation de
l'effet des ß2-agonistes sur le
muscle lisse |
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vasoconstriction
réduction de la production de mucus |
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Ils doivent être utilisés par voie systémique
(intraveineuse ou orale : effet équivalent).
Leur action est progressive, en 6 à 12h ;
ils doivent donc être utilisés très tôt et sont indispensables chez
les malades ne répondant pas dans les 20 à 40 minutes suivant
l'administration des b2-agonistes.
La dose optimale se situe entre 120 et 180 mg de méthyl-prednisolone intraveineuse (ou
équivalent), en 3-4 administrations dans les 24 premières heures et
jusqu'à ce que le DEP atteigne 70 % de la normale ou du meilleur du malade.
L'administration intra-veineuse et orale ont les mêmes effets.
Les corticoïdes sont poursuivis per os pendant 1 à 2
semaines puis arrêtés en un seul temps.
Les corticoïdes inhalés sont de puissants vaso-constricteurs mais leur
impact dans l'asthme aigu est marginal.
En pratique
1/ prescription
prednisolone : po 0,5 à 1mg/kg en une prise
ou méthylprednisolone : IV 0,5 à 1mg/kg en bolus puis 0,5
mg/kg/j en perfusion continue.
Les formes orales ou IV ont des effets équivalents chez la plupart des patients.
Les fortes doses de corticoïdes
systémiques (> 80mg/j) n'apportent pas de bénéfice thérapeutique (Manser,
2001).
Le délai d'amélioration de la fonction respiratoire est de 4 à 6h, quelquefois plus.
2/ surveillance : glycémie, pression artérielle, kaliémie, modification de l'humeur
(anxiété, insomnie, agitation) |
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Réf :
Manser R, Reid D, Abramson M. Corticosteroids for acute severe asthma
in hospitalised patients Cochrane Database Syst Rev 2001;1:CD001740
Rodrigo
GG, Rodrigo C. Corticosteroids in the emergency department therapy of
acute adult asthma: an evidence-based evaluation. Chest 1999;116:285-95.
Rowe BH, Spooner C, Ducharme FM et al. Early emergency department treatment
of acute asthma with systemic corticosteroids (Cochrane review). The
Cochrane library, Issue 4. Oxford: Update software, 2001 |
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Corticoïdes inhalés |
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Les
corticoïdes inhalés
diminuent l’hospitalisation des asthmatiques en crise.
Leur utilité dans le traitement de la crise d'asthme est controversé : en les comparant aux corticoïdes systémiques, on a pensé qu'ils n'avaient pas leur place dans la prise en charge de la crise d'asthme aussi bien chez l'adulte
(Edmonds, 2002) que chez l'enfant (Schuh, 2000).
Il semble cependant que, s'ils ne peuvent pas remplacer les corticoïdes systémiques, ils puissent être utiles dans la phase initiale du traitement (période de latence des corticoïdes systémiques) à condition d'être utilisés à dose suffisante et répétitive (toutes les 10 à 30 min pendant 90 à 120 min) (Rodrigo, 1999). |
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Réf :
Edmonds ML,
Camargo CA Jr, Pollack CV Jr, Rowe BH. The effectiveness of
inhaled corticosteroids in the emergency department treatment of
acute asthma: a meta-analysis. Ann Emerg Med 2002;40:145-54
Rodrigo G, Rodrigo C. Corticosteroids in the emergency department therapy of acute adult asthma: an evidence-based evaluation. Chest 1999;116:285-95
Schuh S, Reisman J, Alshehri M, Dupuis A, Corey M, Arseneault R,
Alothman G, Tennis O, Canny G. A comparison of inhaled fluticasone
and oral prednisone for children with severe acute asthma. N Engl
J Med 2000;343:689-94
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Oxygène |
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L'administration d'oxygène a pour
but de ramener la saturation oxyhémoglobinée
92 %. Cela justifie rarement un
débit nasal supérieur à 3 L/min débuter entre 2-4L/min
pour
la femme enceinte et le malade cardiaque : 95 % |
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On surveille en continu la saturation oxyhémoglobinée
(SpO2) aussi longtemps que persistent les signes de gravité. |
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L'oxygène peut être utilisé comme vecteur des aérosols
; on utilise alors un débit de 6-8 L/min. |
Réf
:
Rodrigo
GJ, Verde MR,
Peregalli V, Rodrigo C. Effects of short-term 28% and 100% oxygen on PaCO2
and peak expiratory flow rate in acute asthma – A randomized trial. Chest 2003;124:1312-7 |
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Adrénaline |
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Aucun
argument ne permet d'affirmer la supériorité de l'adrénaline sur les
ß2-agonistes. |
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Elle
peut être utilisée dans les formes graves résistant aux traitement
initiaux bien menés. |
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Bases
xanthiques (Théophylline) |
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Ce
ne sont pas des traitements de première ligne. Ils ne sont utilisés qu'en échec des traitements précédents. |
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Toujours
vérifier la théophyllinémie chez les patients sous théophylline en
traitement de fond. |
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Sulfate
de magnésium |
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Il
inhiberait la contraction des muscles lisses ; pas de
preuve de l'intérêt en routine. On peut l'utiliser en aigu, en cas d'échec
des traitements précédents bien menés (1 à 2g de sulfate de magnésium
IV en 20 minutes). |
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Dans
la crise, il peut, en nébulisation, augmenter l'effet des
b2-agonistes. |
Réf
:
Blitz M,
Blitz S, Beasely R, Diner B, Hughes R, Knopp J, Rowe B. Inhaled
magnesium sulfate in the treatment of acute asthma. Cochrane
Database Syst Rev 2005;3:CD003898
Mohammed S, Goodacre S. Intravenous and nebulised magnesium sulphate
for acute asthma: systematic review and meta-analysis. Emerg Med J 2007;24:823-30
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Héliox |
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L'addition
d'héliox ne semble pas apporter de bénéfice à un traitement médical
standard. |
Réf
:
Rodrigo
GJ, Rodrigo C, Pollack CV et al. Use of helium-oxygen mixtures in the
treatment of acute asthma: a systematic review. Chest 2003;123:891-6 |
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Anti-leucotriènes |
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peu d'effet en IV dans
la crise d'asthme |
Réf :
Camargo
CA, Smithline HA, Malice MP,Green SA, Reiss TF. A randomized controlled
trial of intravenous montelukast in acute asthma. Am J Respir Crit Care
Med 2003;167:528-33 |
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Antibiotiques |
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Ils sont rarement
justifiés car la purulence des crachats est liée aux éosinophiles et
non aux polynucléaires neutrophiles.
Ils sont indiqués en cas de fièvre, de pneumonie ou de sinusite aiguë ; la mesure de la procalcitonine (PCT) peut guider leur utilisation. |
Réf
:
Graham
V, Lassersson T, Rowe BH. Antibiotics for acute asthma (Cochrane review).
The Cochrane Library, Issue 4, Oxforf, UK: Update software 2002 |
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Autres
traitements |
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Réhydratation
: indiquée uniquement en cas de fièvre, sueurs abondantes, signes de
déshydratation clinique et biologique, polypnée. Habituellement 150 ml/h
de sérum salé. |
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Kinésithérapie
: effet non démontré dans cette situation ; peut aider au drainage bronchique |
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Mucolytiques
: peuvent diminuer la toux, aggraver l'obstruction ou le bronchospasme
(osmolarité souvent élevée) |
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Anxiolytiques/hypnotiques
: contre-indiqués a priori sauf anxiété majeure gênant le traitement,
intubation ; surveillance médicale attentive. |
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Ventilation mécanique |
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Si
malgré une prise en charge
optimale, la situation se détériore, la ventilation mécanique doit être envisagée.
On peut utiliser : |
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la ventilation non invasive : pour le court
terme ; mais souvent mal tolérée par les patients |
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la ventilation invasive avec intubation
(obnubilation, hypercapnie en aggravation ; risque de collapsus) en
sachant que ce simple geste peut entraîner un laryngospasme brutal, voire des troubles du
rythme cardiaque. |
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La sédation est nécessaire à
l'intubation et souvent pendant la ventilation ; le blocage
neuro-musculaire par des curares permet de réduire l'effet de
l'hyperinflation mais il y a un risque d'élévation des CPK puis de
myopathie, aggravé par les corticoïdes et les aminosides. |
Réf :
Soroksky
A, Stav D, Shpirer I. A pilot prospective, randomized, placebo-controlled
trial of bilevel positive airway pressure in acute asthmatic attack. Chest
2003;123:1018-25 |
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Surveillance du malade en crise |
Assurer une surveillance médicale (clinique ; échelle visuelle analogique de dyspnée ; débit de pointe) d'au moins 30mn et, de toutes façons, jusqu'à une
nette amélioration du malade. |
Si amélioration, poursuivre la
nébulisation des ß2-adrénergiques toutes les 4 heures jusqu'à disparition des
critères de sévérité. Les patients non hospitalisés nécessitent une surveillance
attentive les jours suivants. |
Si pas d'amélioration ou aggravation
après 15 à 30mn, refaire une inhalation ou une injection de ß2-adrénergiques, et
organiser le transfert en milieu spécialisé. |
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| Prise en charge de la crise d'asthme sévère à l'hôpital |
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| Les
médicaments de la crise sévère |
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| Pour se résumer |
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Le meilleur traitement d'une
crise d'asthme sévère ou d'un asthme
aigu grave, c'est un traitement efficace de l'asthme en état stable, et de la
crise au début. |
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