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Asthme à l'aspirine
Maladie de Widal

Créé le 19/05/2000 Auteur : A. Taytard (Mis à jour le 29/05/2006)
     
     
   
Épidémiologie
Sensibilité à l'aspirine : 0,6 % population générale ; 4 à 10 % des asthmatiques, mais sous-diagnostic.
Plus fréquent chez les femmes ; ratio femmes/hommes : 2,3/1.
 
Physiopathologie
Déviation de la voie de dégradation de l'acide arachidonique vers la voie de la lipo-oxygénase et les leucotriènes au dépens de la voie de la cyclo-oxygénase (COX ; COX 1 : enzyme présent à l'état de base ; COX 2 : induit par l'inflammation et entretenant la synthèse des prostanoïdes inflammatoires).
 

 

Clinique
Début
Habituel dans la troisième décade
D'abord rhinite persistante
Puis obstruction nasale développée en quelques mois avec anosmie et polypes
Puis apparition de l'asthme (1 à 5 ans après l'apparition de la rhinite)
Plus précoce, plus progressive et plus sévère chez les femmes
 
Crise d'asthme à l'aspirine
Crise sévère dans les 3h qui suivent la prise d'aspirine
Rhinorrhée profuse, injection conjonctivale ; quelquefois : flush de la tête et du cou, œdème péri-orbitaire, douleur abdominale, urticaire modéré
 
Forme typique
Asthme : souvent sévère, corticodépendant
Polypose naso-sinusienne (polypes, rhinorrhée, obstruction, anosmie)
Intolérance à l'aspirine bronchospasme sévère
 
Diagnostic
antécédents de crises dyspnéiques (asthme) lors de la prise d'aspirine ou d'autres AINS

obstruction nasale chronique et résistant au traitement avec rhinorrhée aqueuse, surtout si les tests cutanés sont négatifs

polypose nasale
pansinusite à la TDM des sinus
crises d'asthme sévères sans cause apparente nécessitant souvent l'hospitalisation 
diagnostic de certitude difficile : test de provocation oral (dangereux) sous surveillance médicale stricte avec des doses croissantes d'aspirine
 
Prise en charge : prévention
Conséquences pratiques
Conseiller
Recherche d'HRB devant toute polypose naso-sinusienne
Prudence per- et post-chirurgie des polypes (ß-bloquants, antalgiques)
Proscrire
Tous les médicaments contenant de l'aspirine ou inhibiteurs de COX 1
Eviter
Tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens
Hémisuccinate d'hydrocortisone
Les colorants E 102, E 110, E 111, E 127, E 211
Les conservateurs E 210 à 217, E 230, E 280 à 282
Préférer
Paracétamol (EFFERALGAN®, DOLIPRANE®, ...) avec prudence, 1/2 dose au début
il inhibe préférentiellement COX 3 mais c'est un faible inhibiteur de COX 1 et COX 2
1000mg il provoque un bronchospasme chez 34 % des patients atteints d'asthme induit par l'aspirine
il ne faut donc pas dépasser cette dose.
AINS anti-COX 2 sélectifs à discuter

Traitement
Induction de tolérance (désensibilisation) qui permet d'utiliser aussi les autres AINS. Elle se fait à doses progressives ; à l'état stable, le traitement par Aspirine est continu.
Elle est recommandée aux malades avec
   besoins de doses importantes de corticoïdes en permanence ou par intermittence
   polypectomie ou chirurgie sinusienne répétée
   besoin d'aspirine ou d'autres AINS pour d'autres maladies (rhumatologique, cardiaque...)
Corticothérapie : nasale, bronchique, systémique
Anti-leucotriènes : inhibiteurs de la lipo-oxygénase (Zileuton) ou antagonistes du cystéinil-leucotriène 1 (montelukast, zafirlukast, pranlukast)
Chirurgie : polypectomie avec ethmoïdectomie
Autres : anti-histaminiques, décongestionnants, inefficaces

L'aspirine à faible dose, associée à d'autres molécules, a longtemps été utilisée dans le traitement de l'asthme (Alpoloneâ : théophylline 60 mg + prednisolone 2 mg + aspirine 250 mg + prométhazine 5 mg + butobarbital 20 mg ; chez l'adulte au long cours 3 cp/j, en poussées aiguës 3 à 6cp/j) ; aujourd'hui on s'interroge sur sa capacité à réduire le risque d'asthme de l'adulte (Barr, 2006 ; Kurth, 2008).

Réf :
Babu KS, Salvi SS. Aspirin and asthma. Chest 2000;118:1470-6
Barr RG, Kurth T, Stampfer MJ, Buring JE, Hennekens CH, Gaziano JM. Aspirin and decreased adult-onset asthma - Randomized comparisons from the Physicians' Health Study. Am J Respir Crit Care Med 2006;175:120-5
Knowles SR, Drucker AM, Weber EA, Shear NH. Management options for patients with aspirin and nonsteroidal antiinflammatory drug sensitivity. Ann Pharmacother 2007;41:1191-200.
Kurth T, Barr RG, Gaziano JM, Buring J. Randomised Aspirin Assignment And Risk Of Adult-Onset Asthma In The Women's Health Study. Thorax 2008;Mar 13:Epub ahead of print
Samter M, Beers RF. Intolerance to aspirin. Clinical studies and consideration of its pathogenesis. Ann Int Med 1968;68:975-83
Szczeklik A et al. Aspirin-induced asthma: Advances in pathogenesis and management. J Allergy Clin Immunol 1999;104:5-13
Szczeklik A, Stevenson DD. Aspirin-induced asthma: Advances in pathogenesis, diagnosis, and management. J Allergy Clin Immunol  2003;111:913-21
Widal MF, Abrani P, Lermoyez J. Anaphylaxie et idiosyncrasie. Presse Med 1922;30:189-92

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