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Les principaux arbres allergisants

Créé le 21/07/2003 Auteur : P. Demoly, H. Dhivert-Donnadieu (Mis à jour le 21/09/2006)
     
     

Exploration des Allergies
Maladies Respiratoires- Inserm U454 – IFR3
Hôpital Arnaud de Villeneuve - CHU de Montpellier

La rhinite allergique, en constante augmentation, a vu sa prévalence doubler en 10 ans et multipliée par plus de 10 ces cinquante dernières années. 

Les auteurs impliqués dans ces études incriminent, sans pouvoir toutefois le démontrer, le changement de nos habitudes de vie : déplacement vers les villes, urbanisation associée au calfeutrage des appartements, à la pollution intérieure, au stress, changements alimentaires, diminution des infections de la petite enfance.
Les pollinoses prennent une place importante dans ces rhinites allergiques, et parmi celles-ci, les pollinoses aux pollens d’arbres. 

Les pollens les plus allergisants sont anémophiles (c’est-à-dire dispersés par le vent). Mais d’autres facteurs propres au pollen (morphologie, index d’allergénicité notamment), à l’individu (terrain atopique) et à l’environnement (pollution) sont à prendre en considération. Les essences actuelles seraient-elles plus nombreuses ? plus allergisantes ? et quelles sont-elles d’ailleurs ?

Les arbres sont une source importante de pollens au fort pouvoir allergisant. Il en existe plus de 20 espèces différentes : bétulacées, cupressacées, oléacées, platanacées, fagacées, salicacées, pinacées, vitacées, ulmacées, rosacées, taxacées, éricacées, anarcadiacées, moracées, buxacées, caprifoliacées, tiliacées, araliacées, rhamnacées, juglandacées, sapindacées, mimosoïdées (Tableau 1). 
Leur pollinisation s’étend sur une longue période ; elle commence entre décembre et février selon la zone géographique avec les cyprès, genévriers et cades dans le sud de la France pour finir fin juin début juillet avec les châtaigniers. Certaines espèces intéressent plus particulièrement l’allergologue. 

L’allergie aux pollens de Cupressacées présente la particularité d’être une pollinose hivernale responsable de rhino-conjonctivites intermittentes sévères dans le sud de la France et plus rarement d’asthmes. Les Cupressacées comprennent les cyprès (Cupressus sempervirens…), les cades, les genévriers (Juniperus sabinoïdes) et les thuyas. 
Les pollens de bouleau ont une grande importance clinique, ils sont émis dès mars-avril dans le nord et l’est de la France. Les Bétulacées comprennent les bouleaux (Betula verrucosa…), les aulnes (Alnus glutinosa, incana), les charmes (Carpinus betulus) et les noisetiers (Corylus avelana). Cette dichotomie nord/sud de la France va tendre à s’estomper avec le développement des jardins d’agrément qui intègrent des espèces extérieures à la région ou même exotiques (haies de thuyas ou de cyprès ; bouleaux importés près des pièces d’eau ; palmiers et cèdres…). 
Le rôle d’autres pollens est probable mais difficilement démontrable en pratique de tous les jours du fait des polysensibilisations fréquentes des allergiques, de la qualité des extraits allergéniques en permettant le diagnostic et de l’impactage des périodes de pollinisation. 
On trouve ainsi les pollens de platane et de Fagacées : hêtres, châtaigniers (Castanea sativa), peupliers, aulnes, et chênes (Quercus alba)
Les pollens anémophiles comme ceux de l’olivier peuvent être recueillis à distance de leur lieu d’émission en des lieux inhabituels pour ces arbres (Cévennes, Pyrénées…) ; d’autres comme ceux de mimosas n’ont qu’un rôle local (bordure méditerranéenne). 
Les Oléacées, outre les oliviers (Olea europea), comprennent les frênes (Fraxinus excelsior), troènes (Ligustrum vulgare), filaires, forsythia et le lilas.  
Les Pinéacées dont le rôle allergisant est très réduit, regroupent les sapins, pins (dont la " pluie de souffre " en période de pollinisation est plus irritante qu’allergisante), épicéas, mélèzes et cèdres dont le cèdre du Japon (Cryptomeria japonica), quant à lui responsable de pollinoses sévères. 
La liste des arbres susceptibles de provoquer des pollinoses n’est ainsi pas exhaustive et le rôle des sensibilisations de proximité n’est pas à négliger.

Une fois la sensibilisation démontrée et le poids de celle-ci analysée, les mesures thérapeutiques sont celles de toutes pollinoses. Elles suivent les recommandations internationales les plus récentes. D’un point de vue prévention, à l’extérieur, il est impossible de se soustraire aux pollens de l'atmosphère ; à l’intérieur, il faut conseiller de fermer les fenêtres de la chambre à coucher. Une information correctement ciblée permettrait par contre d’orienter et de proposer des essences diversifiées par région et ainsi de diminuer le nombre d‘allergies.

Tableau 1 : Quelques caractéristiques des pollinisations des arbres

Nom commun

Mode de pollinisation

Taille, poids ou volume du pollen

Quantité de pollens

Période de pollinisation

Durée de pollinisation

Allergénicité

Aulne

anémophile

24 µm, gluant

13è rang au S

mi-janvier à mi-mars

4-8 semaines

moyenne

Bouleau

anémophile uniquement

24 µm

1er au N
15è rang au S  

mars à mai

5-8 semaines

très forte

Chataignier

entomophile puis anémophile

2 ng, 1700 µm3

6è rang au S

juin

4-7 semaines

exceptionnelle

Chêne

anémophile

18 ng, 15000 µm3

2è rang au S

printemps

10-12 semaines

faible

Cyprès

anémophile uniquement

15 ng, 12500 µm3

1er rang au S

décembre à mars

4-5 semaines

très forte

Frêne

anémophile uniquement

13 ng, 10000 µm3

9è rang au S

fin décembre (S)-printemps (N)

4-10 semaines

forte

Olivier

anémophile surtout

12 ng, 10200 µm3

12è rang au S

avril à mai

4-6 semaines

forte

Peuplier

anémophile

16 ng, 13000 µm3

14è rang au S

printemps

6-10 semaines

moyenne

Pin

anémophile uniquement

90 ng, 70000 µm3

3è rang au S

printemps

4-8 semaines

faible

Platane

anémophile uniquement

5 ng, 4000 µm3

5è rang au S

printemps

2-6 semaines

forte

Réf :
Bousquet J, van-Cauwenberge P, Khaltaev N, and the WHO panel members. Allergic Rhinitis and Its Impact on Asthma. ARIA. In collaboration with the World Health Organization. J Allergy Clin Immunol 2001;108:S1-S333.
Demoly P, Bousquet J. La rhinite allergique. John Libbey Eurotext Paris 2002 : 148p.
Paysages, pollens et santé. A propos des haies en climat méditerranéen. Limiter les allergies aux pollens. Diversifier les plantations. Languedoc-Rousillon 2002.
Perréard S. Les principaux arbres de la région montpellieraine susceptibles de déclencher des pollinoses. Thèse de Pharmacie. Faculté de Pharmacie de Montpellier 2002.

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