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Le mastocyte

Créé le 19/06/2003 Auteur : JM. Tunon de Lara (Mis à jour le 20/06/2006)
     
     

Le mastocyte est peut-être la cellule la plus intimement liée à la notion d'allergie car elle est susceptible de résumer à elle seule les traits physiopathologiques essentiels de l'hypersensibilité immédiate : fixation d'IgE, activation par l'antigène, production et libération de médiateurs ayant un effet délétère sur les organes cibles que sont la peau, les vaisseaux ou les voies aériennes.

Von Recklinhausen fit une description initiale du mastocyte en 1863 mais c'est Paul Ehrlich qui, quelques années plus tard, analysa en détail ces cellules métachromatiques, décrivit leur dégranulation et leur donna leur nom actuel. En fait Ehrlich pensait que les granules cytoplasmiques correspondaient à des produits de phagocytose et baptisa ces cellules « cellules bien nourries » ou « mastzellen », devenu « mast cell » en Anglais et « mastocyte » en Français.

Les mastocytes dérivent d'un progéniteur médullaire CD34 + dont la différentiation est nécessite un facteur de croissance, le Stem Cell Factor. 
Une fois dans les tissus les mastocytes achèvent leur maturation en fonction de leur microenvironnement. Ceci explique probablement qu'il existe différents phénotypes mastocytaires qui diffèrent essentiellement par la nature des protéases et des cytokines qu'ils contiennent. 
Les mastocytes sont une source très importante de médiateurs dont beaucoup sont stockés dans des granules plasmocytaires et donc immédiatement disponibles à l'occasion d'une activation cellulaire. 
Parmi ces médiateurs préformés on distingue l'histamine, des protéoglycanes, des protéases neutres (tryptase et chymase), d'autres enzymes comme les hydrolases acides ou les métalloprepotéases. 
D'autres médiateurs, moins spécifiques, sont synthétisés par la cellule après stimulation et sont essentiellement représentés par les produits du métabolisme des phospholipides par la cyclo-oxygénase et la lipoxygénase. Le produit majeur de l'action de la cyclo-oxygénase est la PGD2 alors que la lipoxygénase conduit essentiellement à la production de LTC4, pouvant secondairement générer le LTB4 et le LTD4. Enfin le mastocyte est une source majeure de cytokines conférant à cette cellule un rôle nouveau d'immuno-régulation. Chez l'homme la production d'IL-3, IL-4, IL-5, IL-6, GM-CSF, et TNF-
a a été bien documentée.

A la faveur de la découverte de l'anaphylaxie, puis des IgE, les mastocytes ont été, à juste titre, directement associés à la phase initiale de la réaction allergique. La libération d'histamine et ses effets organiques et systémiques, la production rapide de médiateurs de l'inflammation, l'observation de la dégranulation cytoplasmique lors du contact avec l'allergène ont été autant de facteurs confortant le rôle de ces cellules au début de la réaction d'hypersensibilité immédiate. 
Dans les dix dernières années, le mastocyte a cependant connu un nouvel essor et son rôle dans les maladies allergiques dépasse largement celui d'une cellule stockant et produisant des médiateurs massivement libérés lors de la réaction IgE – anti-IgE. Le mastocyte est devenu une cellule immuno-compétente, d'abord par son aptitude à synthétiser et libérer des cytokines dont on connaît l'importance dans la régulation de la réponse immunitaire, puis par ses possibilités de communication inter-cellulaire en particulier avec les lymphocytes T et B, mais aussi avec les éosinophiles et les fibroblastes, enfin par ses capacités de présentation antigénique. Par ailleurs, un intérêt grandissant se porte sur d'autres médiateurs mastocytaires, longtemps ignorés malgré leur domination quantitative au sein des granules, les protéases neutres. D'une part, celles-ci ont permis de classer les mastocytes dans leur localisation tissulaire : les mastocytes muqueux ne contiennent que de la tryptase (MCT) alors que les mastocytes séreux contiennent de la tryptase et de la chymase (MCTC) ; il n'existerait pas de mastocyte contenant de la chymase seule. D'autre part, les protéases semblent détenir une part importante dans le rôle biologique de ces cellules à travers des actions directes sur la réactivité bronchique, le remodelage des voies aériennes, le système nerveux végétatif ou l'épithélium respiratoire.

 

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