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Voyages en avion

Créé le 07/07/2001 Auteur : A. Taytard (Mis à jour le 05/12/2006)
     
     

Sommaire

  • Manifestations cliniques
    • ORL
    • stomatologiques
    • digestives
    • ophtalmologiques
    • psychiatriques
    • cardio-vasculaires
    • respiratoires
  • Malades à évaluer avant un voyage en avion
  • Evaluation recommandée
  • Recommandations spécifiques
    • Asthme
    • Broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO)
    • Mucoviscidose
    • Insuffisance respiratoire chroniques (IRC)
    • Infection
    • Fibrose
    • Maladies neuro-musculaires et cypho-scoliose
    • Pneumothorax antérieur
    • Maladie veineuse thrombo-embolique (MVT)
    • Chirirgie thoracique
 
Le médecin est souvent interrogé sur la possibilité, pour un malade respiratoire, de faire un voyage en avion.
  
Les cabines d'avion sont pressurisées à un équivalent de 1800 à 2400 m d'altitude.
A cette altitude, la pression partielle en oxygène est aux environs de 100 mmHg soit, pour un sujet sain
PaO2 : 53-64mmHg (hypoxémie hypobare)
Sat O2 : 85-91 %

La cabine est un environnement clos, ventilé dans lequel les passagers sont très proches. Pendant le vol, l'air est prélevé à l'extérieur et considéré comme stérile. Il circule de chaque côté de la cabine, du plafond vers le sol et d'avant en arrière. 50 % recirculent et passent à travers des filtres HEPA (high efficiency particulate air filters) qui enlèvent près de 100 % des particules à 0,3 µ.

Incidents en vol : 1/35000 passagers ; 1/14000 en vols internationaux

Toute PaO2 prédite < 50mm Hg est une indication d'oxygènothérapie pendant le vol
   
Manifestations cliniques
ORL
Liées aux variations barométriques dans les cavités ORL douleurs (oreilles, sinus)
Contre-indications au voyage aérien
  atteinte aiguë de l'oreille et/ou des sinus ; rhinopharyngite
  
stomatologiques
Douleurs dentaires (air sous les plombages)
  
digestives
Augmentation de l'air et des gaz dans les cavités : 1500m +30 % 
sujet sain expansion des gaz intestinaux flatulences ; crampes abdominales mineures
intervention chirurgicale récente déhiscence de paroi au niveau de la cicatrice 
  
ophtalmologiques
Liées à la sécheresse de l'air gêne chez les porteurs de lentille (déconseillées sur les vols longue durée)
  
psychiatriques
Hyperactivité, logorrhée, hyperventilation
Syndrome de sevrage chez les fumeurs dépendants de la nicotine
Contre-indications au voyage aérien
  toutes pathologie psychiatrique instable
  
cardio-vasculaires
Liées à l'abaissement de la pression artérielle CI pour toutes les pathologies cardiaques instables
Liées à l'immobilité en position assise thromboses veineuses profondes ; embolies pulmonaires
Contre-indications au voyage aérien
  toute pathologie cardiaque instable ou décompensée
  infarctus du myocarde simple, peu étendu < 3 semaines
  infarctus du myocarde compliqué < 6 semaines
  pontage < 2 semaines
  
respiratoires

Liées à la baisse de la pression partielle d'oxygène dans l'air inspiré (cf supra)

sujet sain : PaO2 au niveau de la mer = 95 mmHg   en vol = 55-60 mmHg ; pas de problème car la courbe de dissociation de l'hémoglobine est presque plate dans cette zone

sujet hypoxémique : il se situe dans la partie raide de la pente de dissociation de l'hémoglobine risque de problèmes majeurs
La PaO2 baisse jusqu'à l'altitude de croisière puis se stabilise au prix d'une hyperventilation compensatoire qui n'est pas toujours possible pour des malades peu sensibles à l'hypoxie ou dont l'obstruction bronchique empêche l'augmentation de la ventilation.
Elle est aggravée par les déplacements dans l'avion.
Il faut aussi prendre en compte le stress du déplacement, le transport des bagages, les déplacements en aéroport jusqu'aux lieux d'embarquement...
Air sec (humidité basse 10-20 %) exacerbation de l'HRB
Les variations de pression à la montée comme à la descente peuvent avoir des conséquences sur les volumes gazeux "trappés" (bulles d'emphysème)
Air généralement sain, sans risque.
Contamination directe interhumaine habituelle ou indirecte par la ventilation
Manifestations liées à la contagiosité en milieu confiné portant essentiellement sur les passagers des 2 rangs les plus proches sur un vol de 8h CI tuberculose bacillifère ; problème du SRAS

Réf :
Akero A, Christensen CC, Edvardsen A, Skjonsberg OH. Hypoxaemia in chronic obstructive pulmonary disease patients during a commercial flight. Eur Respir J 2005;25:725-30
Baudouin G, Pasquet B. Recommandations médicales pour les voyages aériens. Concours Med 1997;119-25:1824-37
Cottrell JJ. Altitude exposures during aircraft flight - flying higher. Chest 1988;92:81-4
Gendreau MA, Dejohn C. Responding to medical events during commercial airline flights
. N Eng J Med 2001;346:1067-73
Ferrari E, Chevalier Th, Chapelier A, Baudouy M. Travel as a risk factor for venous thromboembolism disease - A case-control study. Chest 1999;115:440-4
Mangili A, Gendreau MA. Transmission of infectious diseases during commercial air travel. Lancet 2005;365:989-96
Scurr JH, Machin SJ, Bailey-King S, Mackie IJ, McDonald S, Coleridge Smith PD. Frequency and prevention of symptomless deep-vein thrombosis in long-haul flights: a randomised trial. Lancet 2001;357:1485-9

 
Malades à évaluer avant un voyage en avion

BPCO sévère ou asthme.
Maladies restrictives sévères (incluant les maladies touchant la cage thoracique et les muscles respiratoires), particulièrement lorsqu'existe une hypoxémie et/ou une hypercapnie.
Patients atteints de mucoviscidose.
Antécédents d'incidents lors de précédents voyages en avion, avec symptômes respiratoires (dyspnée, douleur thoracique, confusion, syncope).
Autres maladies susceptibles d'être aggravées par l'hypoxémie (maladie vasculaire cérébrale, coronarienne, insuffisance cardiaque).
Tuberculose pulmonaire.
Dans les six semaines suivant une sortie d'hôpital pour maladie respiratoire aiguë.
Pneumothorax récent.
Risque ou antécédent de thrombo-embolie.
Nécessité préalable d'une oxygénothérapie ou d'une ventilation.

      
Évaluation recommandée

antécédents.
situation clinique en s'attachant particulièrement aux maladies cardio-respiratoires, la dyspnée et la survenue de problèmes lors de voyages précédents en avion.
test spirométrique (chez les patients non tuberculeux).
mesure de la saturation en oxygène ; gaz du sang si une hypercapnie est connue ou suspectée.
test d'hypoxie recommandé chez les malades qui ont, au niveau de la mer, une saturation située entre 92% et 95% avec d'autres facteurs de risque.

    
Recommandations spécifiques

Asthme
Évaluation (cf supra).
Traitement préventif ou de secours à portée de la main.
Nébulisateur portable utilisable après accord avec l'équipage, les chambres d'inhalation sont aussi efficaces.

BPCO
Évaluation (cf supra).
Voyage dans un vol non fumeur
Traitement préventif et de secours à portée de main.
Nébuliseur portable utilisable après accord avec l'équipage, les chambres d'inhalation sont aussi efficaces.
Si de l'oxygène a été nécessaire pendant le vol, il devrait aussi être utilisé lors de séjours touristiques en haute altitude.
Fauteuil roulant pour les correspondances
.

Mucoviscidose
Évaluation (cf supra).
Médicaments à portée de la main pour les cas de retard et les escales.
Nébuliseur portable utilisable après accord avec l'équipage, les chambres d'inhalation sont aussi efficaces.
Kinésithérapie de drainage conseillée pendant les escales.
Vérifier avec son pharmacien que les médicaments ne sont pas altérés par les températures extrêmes dans le compartiment bagages.
Fauteuil roulant pour les déplacements.

Insuffisance respiratoire chronique
Sat O2 en air ambiant au repos au niveau de la mer < 92 %  oxygénothérapie.
Malade sous oxygénothérapie augmenter le débit de 2L/min pendant le vol.

Infection
Évaluation (cf supra)
Pas de voyage autorisé pour ceux qui sont porteurs d'une tuberculose contagieuse ; problème du SRAS pouvant atteindre des passagers beaucoup plus éloignés du sujet porteur.

Fibrose
Évaluation (cf supra)

Maladies neuro-musculaires et cypho-scoliose
Évaluation (cf supra).
Si ventilation nécessaire, le voyage doit être organisé avec le médecin et la compagnie aérienne.

Pneumothorax antérieur
Pas de déplacement avec le pneumothorax.
Autorisation de vol 6 semaines après une intervention chirurgicale et réduction du pneumothorax
En l'absence de chirurgie, radiographie thoracique montrant la résolution du pneumothorax et au moins 6 semaines avant le voyage.

Maladie veineuse thrombo-embolique (MVT)
Tous les passagers doivent éviter l'excès d'alcool et les boissons contenant de la caféine, rester mobiles ou bouger leurs jambes pendant le vol.
-Passagers à faible risque de MVT : éviter de dormir sur de longues périodes et éviter les somnifères ; des bas de contention peuvent être utiles.
-Passagers avec un risque modéré de MVT : recommander de l'aspirine et des bas de contention.
-Passagers avec fort risque de MVT : si le vol ne peut pas être évité ou retardé, prévention par une héparine de bas poids moléculaire ou anti-coagulation avec un INR dans la zone thérapeutique avant le départ.

Chirurgie thoracique
Évaluation (cf supra).
Le voyage doit être retardé d'au moins deux semaines après une chirurgie thoracique sans complication et la confirmation de la disparition de toute poche gazeuse par radiographie.

Réf :
British Thoracic Society Standards of Care Committee: Managing passengers with respiratory disease planning air travel. Thorax 2002;57:289-304

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