Les récepteurs TLR |
| Créé le 07/04/2003 |
Auteur : JF. Moreau |
(Mis à jour le 14/03/2011) |
| Révisé le 14/12/2007 |
P. Blanco |
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| Modifié le 16/03/2011 |
A. Taytard |
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Les récepteurs TLR ("Toll-like receptor") sont des récepteurs présents à la surface de
certains types cellulaires chez l'homme et les mammifères et qui sont
homologues au produit du gène de drosophile Toll. Ces récepteurs très conservés
par l'évolution jouent un rôle important dans
l'immunité innée et notamment
dans les défenses contre les microorganismes.
Ils peuvent reconnaître des
motifs moléculaires uniquement présents chez ces microorganismes pathogènes dénommés
PAMP pour "pathogen-associated microbia pattern". Parmi ces PAMPs
on
trouve :
des composants des parois bactériennes comme
les lipopolysaccharides (LPS) et les peptidoglycans ou la flagelline
composant du flagelle de certaines bactéries,
de l'ADN bactérien,
de l'ARN viral double brin.
Si l'on fait un parallèle entre
le système immunitaire et le système nerveux avec les cinq sens on peut dire
que l'appréciation du monde antigénique dans lequel nous sommes immergés procède
de plusieurs mécanismes qui se sont affinés et complexifiés au cours de l'évolution
mais qui, chacun, sont spécifiques d'un type d'antigène bien que tous dirigés
vers le même but comme le sont aussi les cinq sens : l'appréciation du monde
extérieur.
Les TLR vont nous permettre de "regarder" une certaine catégorie
d'antigènes, alors que le T-cell receptor (TCR) ab présent sur les
lymphocytes T conventionnels CD4 ou CD8 positifs, regarde lui un autre type
d'antigène, et ainsi de suite pour les lymphocytes T exprimant le TCR gd, les
cellules NKT, les lymphocytes B par leur "B-cell receptor", etc…
C'est l'intégration de tous ces signaux simultanément qui permet la réponse
immunitaire et la rend adaptée, efficace et régulée.
Au passage on peut noter
toute l'ambiguïté de la notion d'antigène et toute sa richesse. Les différentes
strates déposées par l'évolution vont ainsi s'interpénétrer au cours de
l'éclosion de la réponse immunitaire, et d'une certaine façon mimer dans
l'esprit, ce qui ce passe lors de la gestation où l'ontogénèse reprend à l'échelon
de l'individu les grandes phases de l'évolution des espèces. Les mécanismes
de la réponse innée plus simples et plus anciens sont mis en route les
premiers puis vient le tour des mécanismes de l'immunité adaptative plus
complexes par leur régulation, plus récents dans l'évolution et plus spécifiques.
Les TLR vont
pouvoir "palper" les microorganismes via leur expression de PAMPs. La
stimulation des TLR par les PAMPs est à l'origine d'une cascade d'activation
moléculaire intracellulaire incluant des molécules comme MyD88 et le groupe
des "IL1-R-associated serine kinase" (IRAK) (Medzhitov R, 1997). Cette cascade conduit
à l'activation du facteur de transcription NF-kB qui est une plaque
tournante intra-cellulaire responsable de la sécrétion de cytokines
inflammatoires (IL-1 et IL-12) et directement effectrices comme le
TNF alpha
aboutissant à la régulation de la réponse immunitaire adaptative.
Les TLRs sont des protéines
transmembranaires contenant dans leur domaine extracellulaire une région riche
en leucines, et un segment intracytoplasmique avec une région conservée appelée
Toll/IL-1 receptor (TIR) commune à ces récepteurs et aux récepteurs pour l'IL-1 et l'IL-18.
Ces récepteurs sont surtout exprimés dans les
tissus lymphoïdes comme la rate ou sur les cellules ayant une activité présentatrice
d'antigène comme les cellules dendritiques, ou dans les organes au contact avec
le milieu extérieur comme le poumon (cellules épithéliales, neutrophiles, macrophages) et le tractus intestinal. Les cellules
dendritiques vont ainsi jouer le rôle d'intégration de ces différents signaux
et moduler les co-signaux délivrés aux lymphocytes T porteurs d'un TCR ab
en plus du message purement antigénique à l'origine d'une régulation de la réponse
adaptative.
On connaît à l'heure actuelle 10 TLRs différents dans l'espèce
humaine dont 7 ont leurs ligands spécifiques identifiés (Underhill DM, 2002), qui sont fonction de la localisation. Les TLR extracellulaires (TLR1, 2, 4, 5, 6) reconnaissent les motifs de pathogènes extracellulaires ; les TLR intracellulaires endosomaux (TLR3, 7, 8 et 9) reconnaissent les motifs de pathogènes intracellulaires.
Les ligands de TLRs ont deux origines :
• exogène : molécules nécessaires au développement ou à la survie du pathogène,
• endogène : molécules dont la présence correspond à un signal de danger pour la cellule.
TLR2 reconnaît une variété
de PAMPs incluant les lipoprotéines bactériennes, les peptidoglycans et les
acides lipotéïchoïques. C'est un acteur important de la reconnaissance des microorganismes (en particulier Streptococcus Pneumoniae, Pseudomonas aeruginosa, acinetobacter baumanii) au niveau du poumon puisqu’il est fonctionnel et localisé à la surface des cellules épithéliales. Son expression est peut être diminuée chez les fumeurs et les patients BPCO.
TLR3 est exprimé constitutivement par les cellules épithéliales alvéolaires et bronchiques et participe à la reconnaissance des RNA double-brins d'origine virale. Sa localisation change selon le degré d’activation des cellules et le type cellulaire. En l’absence de stimulation, le TLR3 est intracellulaire ; en revanche, il devient membranaire après stimulation par le Rhinovirus. Il joue un rôle important dans la réaction inflammatoire suite à l’exposition au virus ; il semble réguler la balance des cytokines, régulant positivement la production d’IFN-γ et régulant négativement la production d’IL-5 et d’IL-13 entre autres.
TLR4, sa localisation est controversée. Il est activé par les LPS bactériens (en particulier Klebsiella Pneumoniae et Haemophilus Influenzae, Pseudomonas aeruginosa, acinetobacter baumanii). Sa présence sur les cellules de structures est nécessaire et suffisante pour activer les CDs et initier les réponses effectrices Th2 aux acariens.
L’expression des TLR3 et 4 semble augmentée et les récepteurs relocalisés vers la membrane lors de l’activation des cellules épithéliales bronchiques.
TLR5 reconnaît
la flagelline. L’activation des cellules épithéliales via le TLR5 conduit à la production de chémokines essentielles au recrutement des neutrophiles (comme le CXCL8), et le CCL20.
TLR 7 et 8 : On connaît peu de choses concernant l’expression et la fonctionalité des TLR7 et 8 dans le poumon.
TLR9 reconnaît les motifs non-méthylés d'ADN CpG.
Plus récemment, il
a été montré que TLR7 et 8 peuvent lier de petites molécules synthétiques
douées d'un pouvoir antiviral (Jurk M, 2002).
Dans la plupart des cas, ces chaînes requièrent
un co-récepteur pour transmettre le signal à travers la membrane. Par exemple,
TLR4 interagit avec les molécules MD2 et CD14 pour activer la voie NF-kB suite
à une stimulation par les LPS (Takeuchi O, 2002). CD14 est un marqueur spécifique des
monocytes existant soit sous forme soluble, soit sous une forme ancrée à la
membrane directement sur les phospholipides membranaires (ancre GPI).
Les pathogènes comportant plusieurs motifs de reconnaissance reconnus par plusieurs PRR, la réponse immune qui va suivre sera le résultat de l'interaction de chaque stimulation.
Les PRR interagissent ; cette collaboration existe entre les TLR, mais également entre les TLR et d’autres PRR, afin d’obtenir une réponse immunitaire adaptée. Elle peut conduire à une synergie ou, au contraire, à une inhibition.
La potentialisation de la réponse dépend aussi de la chronologie des évènements, c’est-à-dire que la potentialisation n’est effective que si les stimuli sont espacés dans le temps. La synergie d’action de ces TLR pourrait représenter une sorte de combinaison de sécurité (deux produits microbiens dans différents compartiments cellulaires) qui permettrait la génération d’effecteurs puissants uniquement en réponse à certains pathogènes.
L'activation par ces PAMPs des
acteurs de l'immunité innée via les TLRs est un préalable nécessaire à
l'induction de la réponse immunitaire adaptative qui est décalée dans le
temps et ainsi régulée. La connaissance de ces nouveaux systèmes permet
d'envisager de nouvelles voies thérapeutiques de modulation de la réponse
immunitaire notamment dans le cancer et les vaccinations en général. Elle
permet aussi d'expliquer des observations anciennes comme par exemple l'effet
adjuvant utilisé depuis très longtemps dans toutes les vaccinations. Les
implications de ces découvertes ne cessent de s'étendre à toute la médecine,
et c'est récemment un polymorphisme de TLR4 qui se comporte comme un gène de
susceptibilité pour l'athérosclérose (Kiechl S, 2002), ou le lien entre l'activation des
TLRs et l'inhibition de cellules suppressives ouvrant une porte pour expliquer
le rôle des infections dans le déclenchement des maladies auto-immunes (Pasare
C, 2003). Sur
le versant opposé, un déficit congénital en IRAK a été rendu responsable
d'un déficit immunitaire se caractérisant par des infections à pyogènes répétées
notamment staphylococcus pneumoniae et aureus (Picard C, 2003).
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Réf :
1-
Medzhitov R et al. A
human homologue of the Drosophila Toll protein signals activation of adaptive
immunity. Nature 1997;388(6640):394-7
2-
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3-
Jurk M et al. Human
TLR7 or TLR8 independently confer responsiveness to the antiviral compound
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4-
Takeuchi O and Akira S. Genetic approaches to the study of Toll-like receptor function. Microbes
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5-
Kiechl S, Lorenz E, Reindl M,
Wiedermann CJ, Oberhollenzer F, Bonora E, Willeit J, Schwartz DA.
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6-
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7-
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CL, Bustamante J, Yang K, Soudais C, Dupuis S, Feinberg J, Fieschi C, Elbim C,
Hitchcock R, Lammas D, Davies G, Al-Ghonaium A, Al-Rayes H, Al-Jumaah S,
Al-Hajjar S, Al-Mohsen IZ, Frayha HH, Rucker R, Hawn TR, Aderem A, Tufenkeji H,
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2003;299(5615):2076-9. |
A consulter : défenses
anti-infectieuses de l'appareil respiratoire
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