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Université de Bordeaux II
tabacologie

Nicotine

Créé le 22/01/2002 Auteur : A. Taytard (Mis à jour le 02/06/2008)
     
     

Sommaire

  • Nicotine dans l'air
  • Effets centraux
  • Effets périphériques
  • Pharmacocinétique

 
Nicotine dans l'air

composé organique semi-volatile 
marqueur spécifique de la combustion du tabac
bonne corrélation entre le nombre de cigarettes fumées, la concentration de nicotine aérienne et la concentration des particules en suspension
valeur moyenne d'exposition tolérée en France : 0,5 µg/m3 (domicile ou lieu de travail avec fumeur : 1 - 15 µg/m3 ; bars, night-clubs : 50 - 150 µg/m3)

Principal alcaloïde du tabac (90-95 % du contenu en alcaloïdes)
Quantité absorbée fonction de : nombre de bouffées fumées, profondeur de l'inhalation.
  
La nicotine agit sur les récepteurs nicotiniques cholinergiques
nAChRs formés de 5 sous-unités ; 9 sous-unités a ; 3 sous-unités b ; prédominant dans le cerveau humain : a4b2 (récepteur principal de la dépendance), mais aussi a3b4 (effets cardio-vascualires), a7 (transmission synaptique rapide, apprentissage)
centraux (Dani, 2001)
périphériques (ganglion parasympathique ; synapse neuro-musculaire ; médullo-surrénale)
 
La nicotine induit :
excitation neuronale pré- (libération de : dopamine : plaisir, suppression de l'appétit ; noradrénaline : éveil, suppression de l'appétit ; acétyl-choline : éveil, stimulation des processus cognitifs ; glutamate : apprentissage, stimulation de la mémoire ; sérotonine : modulation de l'humeur, suppression de l'appétit ; beta-endorphine : réduction de l'anxiété et de la tension ; GABA : réduction de l'anxiété et de la tension) et post-synaptique
désensibilisation des récepteurs blocage synaptique, augmentation du nombre des récepteurs
 
En plus de la stimulation directe et indirecte de la libération des neurotransmetteurs, le tabagisme réduit l'activité monoamine oxydase A et B du cerveau ce qui augmente le taux de neurotransmetteurs monoaminergiques comme la dopamine et la  noradrénaline.
  
Effets centraux
fonction de la dose et des circonstances :
  faible dose : éveil ; forte dose : somnolence
  éveille quand on est somnolent ; calme quand on est tendu
diminution du stress

stimulation du circuit de la récompense (dopamine) ; pendant la durée de cette stimulation tous les évènements qui surviennent (environnement, évènements psychiques) peuvent être associés à la récompense ; ces associations peuvent ensuite se maintenir pendant des durées très longues (mois voire années)

stimulation du système endocannabinoïde qui joue un rôle important dans la régulation de la balance énergétique, du métabolisme et du stockage des lipides, du contrôle de la douleur, l'apprentissage et la mémoire rôle dans l'installation et l'entretien du tabagisme
  
Effets périphériques

liés à la stimulation des ganglions parasympathiques : 
bronches : augmentation de la stimulation cholinergique du muscle lisse bronchique ; 
cœur : tachycardie, augmentation du débit cardiaque et de la pression artérielle (liés à la sécrétion d'adrénaline et noradrénaline) ; 
digestif : accélération de la motricité intestinale ; 
général : sueurs

inhibition ou blocage des fibres C du système nerveux sensitif des voies aériennes sous-glottiques réduction du réflexe de toux (Millqvist, 2001)
augmentation du taux d'acides gras libres plasmatiques ; baisse du HDL cholestérol ; hausse du LDL cholestérol
réduction de la prise alimentaire avec sous-poids d'environ 4kgs.
   
La nicotine se comporte comme un agent anti-apoptotique, stimule l'angiogenèse, est un agent promoteur de la croissance tumorale.
  
Pharmacocinétique
absorption rapide par le poumon (1,5mg/cigarette moyenne) circulation systémique  distribution y compris cerveau atteint en 10 à 20 secondes.
pic de nicotine atteint en 10min avec une cigarette, 20 minutes avec cigares ou pipes

chute de 50 % en 10 min par redistribution dans les tissus

disparition en 1 à 2h par métabolisme hépatique
cytochrome P450 : 80 % de l'oxydation ; CYP2A6 ; CYP2B6 ; CYP2E1) surtout,
glucuronidation : UGT 1A4, 1A9, 2B10,
mais aussi rein et poumons.

  important polymorphisme génétique de l'activité CYP et UGT conduisant à une très grande variabilité individuelle du métabolisme de la nicotin.
les métaboliseurs lents fument moins de cigarettes.
élimination urinaire : cotinine (15 %), trans-3-hydroxycotinine (45 %), nicotine inchangée (10 %)...

facteurs susceptibles de modifier le métabolisme de la nicotine : variations génétiques des enzymes intervenant dans le métabolisme, alimentation, âge, sexe (le métabolisme de la nicotine est plus rapide chez les femmes que chez les hommes), grossesse (métabolisme très rapide pendant la grossesse), maladies rénales et hépatiques, race (métabolisme plus lent chez les africains) 

 
La dépendane à la nicotine peut être considérée comme une combinaison de renforcements positifs (amélioration de l'humeur, du fonctionnement général) et d'évitement des conséquences négatives ed son usage antérieur (syndrome de manque).
Les fumeurs légers ou occasionnels fument d'abord pour les effets de renforcement positifs et perçoivent peu ou pas de syndrome de manque.
  
Réf :
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