Les interférons |
| Créé le 23/07/2003 |
Auteur : P. Blanco |
(Mis à jour le 25/11/2006) |
| Révisé le 14/12/2007 |
P. Blanco |
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Laboratoire d'immunologie. CHU de Bordeaux
Les interférons sont des cytokines, c'est à dire de petites molécules
solubles essentielles à la communication entre les cellules du système
immunitaire et agissant de manière autocrine et/ou paracrine.
On distingue deux
grands groupes d'interféron :
les interféron (IFN) de type I au sein
duquel on individualise, les IFN-a,
b
les interférons de type II
représentés essentiellement par l'IFN-g.
Les IFN de type I
Ils jouent un rôle important au cours des infections
virales.
L'IFN-a
(IFN leucocytaire) est codé par une famille de prés de 20 gènes
situés sur le chromosome 9.
L'IFN-b
est codé par un gène unique présent sur
le chromosome 9.
L'infection d'une cellule par un virus induit la production d'IFN
de type I, qui active les mécanismes de défense antivirales des cellules
voisines, leur permettant ainsi de résister à l'infection. Ces interférons
activent notamment une 2'5' oligoadenylate synthetase qui active une
endonucléase latente capable de dégrader l'ARN viral.
Les IFN de type I
utilisent un récepteur hétérodimérique commun exprimé sur la plupart des
cellules. La voie de signalisation intra-cellulaire passe par des tyrosines
kinases Jak1 et Tyk2 qui activent STAT 1 et 2 qui, en s'associant avec la
protéine p48, vont former ISGF3 (IFN stimulated gene factor-3), facteur de
transcription.
Les INF-a/b
ont la capacité d'induire en culture et in vivo
une cytotoxicité médiée par les cellules NK, de modifier la maturation des
cellules dendritiques, en augmentant l'expression à leur surface des molécules
HLA de classe I et II et des molécules de co-stimulation (CD80, CD86 et CD40).
D'ailleurs, les cultures de lymphocytes T humains avec les IFN de type I
aboutissent à une augmentation de l'expression de l'INF-g.
L'importance des IFN
in vivo est démontré par la susceptibilité accrue des souris à l'infection
virale après déplétion de l'IFN par l'administration d'anticorps spécifiques
et par l'efficacité de cette thérapeutique dans plusieurs infections virales
chroniques chez l'homme. En outre les IFN de type I et surtout l'IFN-a
disposent de
propriétés antitumorales soit directes (induction d'apoptose dans des lignées
tumorales par exemple certaines lignées de cancer du rein) soit indirecte via son rôle immunomodulateur. De ce fait cette cytokine peut être
proposée comme thérapeutique adjuvante dans certains cancers chez l'homme :
cancer du rein, mélanome, leucémie myéloïde chronique, leucémies à
tricholeucocytes….
L'IFN-a est
susceptibe d'induire des pneumopathies interstitielles, des BOOP et d'aggraver
un asthme (Bini, 1999).
Réf :
Bini EJ, Weinshel EH. Severe exacerbation of asthma: a new side effect of
interferon-alpha in patients with asthma and chronic hepatitis C. Mayo
Clin Proc 1999;74:367-70
Kanazawa H,
Hirata K, Yoshikawa J. Accelerated decline of lung function in
COPD patients with chronic hepatitis C virus infection. A preliminary
study based on small numbers of patients. Chest 2003;123:596-9 |
Les interférons de type II
L'interféron-g
(interféron immun) est une cytokine codée par un gène
unique présent sur le chromosome 12 et dont la production se trouve très
régulée.
Il est produit par les lymphocytes T CD4 de type Th0 et/ou Th1, les
lymphocytes T CD8 (cytotoxiques), et les cellules NK. Dans la population
lymphocytaire T sa production dépend de l'engagement du TCR, dans la population
NK sa production est stimulée par le TNF-a,
l'IL-12, l'IL15 et par lui-même
dans une boucle de régulation autocrine.
Le récepteur pour l'IFN-g
se
caractérise par un hétérodimère comprenant une chaîne alpha de 90kDa codée
par un gène sur le chromosome 6 et une chaîne béta de 62 kDa, indispensable
à la transduction du signal dont le gène est localisé sur le chromosome 21.
Ce récepteur est présent sur quasiment toutes les cellules du corps humain.
Biologiquement, l'IFN-g
actif est sous la forme d'un homodimère non covalent de
34 kDa.
Ses rôles sont variés :
Il induit l'expression des antigènes HLA
de classe I surtout sur les cellules qui ont un faible niveau d'expression
constitutionnel et les molécules de classe II notamment sur des cellules ne
l'exprimant pas de manière constitutive (lymphocytes T)
Il oriente la
différenciation des monocytes en macrophages
Seul ou en association avec le
TNF-a, il joue un rôle essentiel dans la destruction des pathogènes
intra-cellulaires au sein des macrophages, en régulant la transcription de
gènes responsable de la production du monoxyde d'azote. Ce rôle est attesté
par les enfants qui ont une anomalie congénitale dans le gène codant pour le
récepteur à l'IFN-g
puisqu'ils présentent une susceptibilité toute
particulière aux infections mycobactériennes.
Il joue aussi un rôle dans
la commutation des gênes de chaînes lourdes, en favorisant la production des
isotypes IgG2a et IgG3, et en inhibant celle des IgE
Il
est
antagoniste des cellules Th2, en inhibant leurs clones in vitro.
Réf :
Lopez-Maderuelo D,
Arnalich F, Serantes R, Gonzalez A, Codoceo R, Madero R, Vazquez
JJ, Montiel C. Interferon-g and
interleukin-10 gene polymorphisms in pulmonary tuberculosis. Am
J Respir Crit Care Med 2003;167:970-5 |
Il n'existe pas, à ce jour, de
contre-indication aux vaccinations, quelles qu'elles soient, chez les malades
traités par interféron a, b
ou g.
En tout état de cause, tous les vaccins tués ou
les fractions antigéniques n'entraînent aucun risque.
Réf :
Centre
de pharmacovigilance et d'information sur le médicament. Université V.
Ségalen. Bordeaux 2 |
Interféron
g
dans l'asthme
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