Hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) |
| Créé le 18/11/2001 |
Auteur : A. Taytard |
(Mis à jour le 26/05/2006) |
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Pression artérielle pulmonaire
(PAP) systolique normale : 18 - 25 mmHg
PAP moyenne : 8 - 20 mmHg
HTAP : PAPm
25 mmHg au repos et/ou
30 mmHg à l'effort avec une pression capillaire pulmonaire 15
mmHg excluant les causes cardiaques gauches.
La pression artérielle pulmonaire systolique (PAPS) augmente avec l'âge :
PASP > 40 mmHg chez 6% des sujets > 50 ans, chez 5% des sujets avec un index
de masse corporelle > 30kg/m2.
La sévérité de l'HTAP est définie en fonction de la pression observée et de
l'abaissement du débit cardiaque.
Difficulté de diagnostiquer précocément
une HTAP :
symptômes
aspécifiques : dyspnée d'effort ; lipothymies ; insuffisance cardiaque droite
peu visible sur les examens de routine (radiographie
thoracique ; échocardiographie)
Dépistage utile chez les patients avec : parents au premier degré avec HTAP, mutation BMPR2 connue (provoque une prolifération anormale des cellules musculaires lisses dans la paroi des petites artèes pulmonaires ; transmission autonomique dominante), sclérodermie, hypertension portale avant une greffe, pathologie cardiaque avec
shunts artério-pulmonaires, infection par le VIH, prise d'anorexigènes, dasatinib (inhibiteur de kinase utilisé dans les leucémies mis en surveillance par la FDA).
Confirmation par cathétérisme cardiaque droit.
Classification clinique des
HTAP (2003)
Hypertension artérielle
pulmonaire (HTAP "pré capillaire" primitive)
idiopathique
familiale
associée à
connectivites
cardiopathie congénitale avec shunt (HTAP
"hypercinétique")
hypertension portale
infection par le VIH
médicaments ou toxiques
autres : thyroïde, pathologie du glycogène, maladie de Gaucher,
télangiectasies hémorragiques héréditaires, hémoglobinopathies, syndromes myéloprolifératifs, splénectomie
associée à une
atteinte veineuse ou capillaire significative
maladie veino-occlusive pulmonaire
hémangiomatose capillaire pulmonaire
HTAP persistante
du nouveau-né
Hypertension artérielle
pulmonaire d'origine cardiaque gauche (HTAP
"post capillaire")
cardiopathies
auriculaires ou ventriculaires gauches
cardiopathies
valvulaires gauches
Hypertension artérielle
pulmonaire associée aux affections respiratoires chroniques
Maladies
respiratoires chroniques obstructives : BPCO ; asthme sévère ; DDB ;
bronchiolite oblitérante ; mucoviscidose) (HTAP "pré-capillaire"
hypoxique ; on retient, dans ce cas, le seuil de 20
mmHg) ; l'HTAP est habituellement modérée mais peut s'aggraver à l'exercice,
pendant le sommeil ou lors des exacerbations
Maladies
respiratoires chroniques restrictives : musculaires (SLA ; myopathies ...) ;
ostéo-articulaires (déformations
thoraciques) ; pulmonaires (pneumopathies
interstitielles ; fibroses ; séquelles graves de tuberculose ...)
Insuffisances
respiratoires centrales : hypoventilation
alvéolaire ; troubles
respiratoires du sommeil
Résidents en
haute altitude
Hypertension pulmonaire due
aux affections thrombotiques et/ou emboliques
(HTAP "pré-capillaire" thrombo-embolique)
obstruction des
artères pulmonaires proximales d'origine thrombo-embolique
obstruction des
artères pulmonaires distales d'origine thrombo-embolique
obstruction non
thrombotique (tumorale, parasitaire ...)
Autres
sarcoïdose,
histiocytose X, lymphangioléiomyomatose, compression des vaisseaux pulmonaires
(adénomégalies, tumeur, fibrose médiastinale)
Clinique
Dyspnée
d'effort progressive ; lipothymies, syncopes à l'effort
Auscultation
: pulmonaire normale ; cardiaque : signes d'insuffisance
ventriculaire droite
Rechercher
des signes évocateurs d'une co-morbidité
Examens complémentaires : classification
radiographie
du thorax : signe d'HTAP, pathologie pulmonaie génératrice d'HTAP
ECG : surcharge droite
EFR / gazométrie artérielle / TLCO
oxymétrie nocturne, polysomnographie
échocardiographie
:
peut suggérer la présence et la sévérité d'une HTAP ;
permet d'éliminer une atteinte cardiaque gauche ; peut montrer : dilatation des cavités droites, mouvement paradoxal du septum interventriculaire, épanchement péricardique, trouble fonctionnel cardiaque gauche systolique ou diastolique, valvulopathie, shunt droit-gauche par réouverture du foramen ovale
angio TDM : patholgie pulmonaire ; maladie thrombo-embolique
endoscopie bronchique : maladie veino-occlusive, mais les biopsies trans-bronchiques sont souvent non contributives
marqueurs d'auto-immunité : recherche de connectivite
sérologie VIH
échographie hépatique si suspicion d'hypertension portale
ciblés
sur les étiologies possibles.
Examens complémentaires : évaluation de la sévérité
interrogatoire : morbidité
tolérance à l'effort : test de marche de 6 minutes
cathétérisme
cardiaque droit,
nécessaire au diagnostic définitif
dosage de BNP, troponine T
Classification fonctionnelle de la NYHA (1998)
Classe I : absence de limitation fonctionnelle pour les activités psysiques habituelles ; ces activités ne causent pas de dyspnée, de fatigue, de douleur thoracique ou de malaise.
Classe II : Limitation fonctionnelle légère pour les activités physiques ; il n'y a pas d'inconfort au repos, mais des activités physiques normales causent de la dyspnée, de la fatigue, des douleurs thoraciques ou des malaises.
Classe III : Limitation fonctionnelle importante pour les activités physiques ; il n'y a pas d'inconfort au repos, mais des activités physiques peu importantes causent de la dyspnée, des douleurs thoraciques ou des malaises.
Classe IV : Incapacité de réaliser toute activité physique et/ou signe d'insuffisance cardiaque droite. la dyspnée et la fatigue peuvent être présentes au repos et accentuées par toute activité physique.
contre-indication formelle de la grossesse
Traitements médicamenteux spécifiques
Classe fonctionnelle I et II : aucune recommandation de traitement
Classe fonctionnelle III et IV : traitement initial recommandé : époprosténol et perfusion IV continue
Algorithme
* test
de vasodilatation aiguë (adénosine, NO inhalé, éposprosténol en perfusion) chute
de la PAP (environ 13 % des sujets) ; la moitié de ces sujets ont une
réponse
favorable
au
long
cours
avec les calcium-bloqueurs.
Traitements médicamenteux aspécifiques
Traitement anticoagulant : anti vitamines K sauf contre-indication
Traitement diurétique
Oxygénothérapie : son intérêt en cas de shunt vrai est discutable
Digitaliques : en cas de fibrillation auriculaire permanente ou paroxystique (attention à l'hypoxémie sévère et à l'insuffisance rénale)
Inhibiteurs calciques
Vaccinations : anti-grippale et anti-pneumococcique
Autres traitements
Atrioseptostomie : ouverture dans le septum intraventriculaire : mortalité élevée
Transplantation : surtout bi-pulmonaire ou cardio-pulmonaire
Pathologie
vasculaire pulmonaire
Réf :
HAS. Hypertension artérielle pulmonaire. Novembre 2007 |
Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données publiées dans ce texte.
A lire
- Les
hypertensions artérielles pulmonaires : nouvelle classification et stratégie
thérapeutique - O. Sitbon,
2000
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