Rôle de la pollution urbaine dans l'aggravation de l'asthme |
| Créé le 07/04/2001 |
Auteur : A. Taytard |
(Mis à jour le 24/11/2006) |
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On décrit 3 niveaux de pollution
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Niveau |
Délai |
Type |
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Local |
heures |
Pollution urbaine |
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Continental |
jours |
Pluies acides |
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Planétaire |
années |
Trou dozone |
Pollution : maladies respiratoires |
Remarques préliminaires
On ne dose que quelques marqueurs d'un
système complexe
2 questions
Les polluants atmosphériques peuvent-ils
augmenter le risque de développer une
maladie respiratoire ?
entretenir voire aggraver une maladie
respiratoire ?
Nous sommes passés de
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expositions importantes
(professionnelles, accidentelles) produisant des maladies cliniquement et
presqu'immédiatement observables |
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à |
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expositions
habituelles faibles dont les
conséquences |
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individuelles paraissent
faibles (mais les connaissances à l'échelle individuelle sont rares) |
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sont mal connues au long cours |
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ne sont visibles que projetées à l'échelle d'une population |
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une recherche de prévention individuelle |
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à |
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la recherche d'une réduction de risque
pour l'ensemble de la population (impact collectif potentiellement important) |
Pollution
Maladies respiratoires
Études au laboratoire |
Avantages
Contrôle des sujets, de l'exposition,
des symptômes, des variables physiologiques et biologiques
Limites
Validité externe ?
Tests en aigu ou sub-aigu
Coût
Pollution
Maladies respiratoires
Études épidémiologiques |
| Avantages |
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Sujets réels / exposition réelle |
| Limites |
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Pas de
contrôle réel |
des sujets |
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de l'exposition |
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des co-facteurs |
Multiplicité variable des polluants |
Risque de
biais majeurs |
d'autant plus grands que les risques mesurés sont faibles |
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"souvenir" dans les enquêtes rétrospectives |
La pollution aérienne urbaine |
On décrit 3 types de pollution
OZONE
et ASTHME
| Ozone et fonction respiratoire |
| Ozone et maladies respiratoires |
| A court et moyen terme |
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Augmentation des symptômes
respiratoires |
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Augmentation de la consommation de
soins |
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| Asthmatiques léger-modérés (N
= 12 ; 9-16 ans)
suivis 6 semaines |
Mesures
: symptômes quotidiens, ß2-adrénergiques à la demande
Capteur externe mesure de O3
Capteur personnel mesure de O3 (8h-20h) |
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Résultats |
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O3
personnel = 11,6 ± 11,2 ppb (27% de la concentration d'O3
externe) |
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O3
personnel corrélé à la sévérité de lasthme et la
quantité de ß2-adrénergiques
inhalés (1) |
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| A long terme |
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Tendance à laugmentation de
lasthme |
L'exercice augmente les effets de l'exposition
à l'ozone.
NO2
et ASTHME
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Moyenne annuelle en situation normale |
{NO2} < 0,05ppm |
| Effets |
similaires à l’ozone |
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mais à doses plus élevées car effet oxydant moins
important
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| NO2 et fonction respiratoire |
| Asthmes légers |
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Concentration inhalée = {0,1 ou 0,4ppm} ; durée : 1h + DPter |
Résultats |
VEMS de base inchangé |
HRB
spécifique |
| 0,1ppm |
RAS |
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| 0,4ppm |
réponse immédiate |
-4% S/air |
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réponse retardée |
-8% S/air
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| NO2 et maladies respiratoires |
| enfants
(N : 467, âge scolaire, suivis 2,5 ans) |
|
Concentration inhalée moyenne > {0,021ppm} |
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Résultats |
 |
asthmatiques réduction modérée
de la fonction respiratoire |
 |
contrôles
RAS |
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| adultes (N
: 1921, âgés de 20 à 70 ans) |
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HRB plus fréquente chez les sujets qui utilisent le gaz pour la cuisine,
que chez ceux qui
utilisent l'électricité (21% vs 14%) |
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particulièrement vrai pour les atopiques
(taux d'IgE élevé) |
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Au total, avec les différentes concentrations de
NO2 utilisées dans
les études, de nombreux résultats contradictoires ont été trouvés
aussi bien chez les
sujets sains que chez les asthmatiques. |
PARTICULES
et ASTHME
| Particules
et maladies respiratoires |
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% de variation de lindicateur de santé pour chaque élévation de 10µg/m3
des PM10 en concentration quotidienne moyenne |
| Hausse de la mortalité quotidienne |
Totale |
1 |
Respiratoire |
3,4 |
Cardio-vasculaire |
1,4 |
| Aggravation de lasthme |
Crises |
3 |
Bronchodilatateurs |
12,2 |
Services durgence |
3,4 |
Hospitalisations |
1,9 |
| Augmentation des symptômes |
Broncho-pulmonaires |
3 |
ORL |
0,7 |
Toux |
2,5 |
| Baisse de la fonction respiratoire |
VEMS |
0,2 |
DEP |
0,1 |
PARTICULES DIESEL et ASTHME
| Particules diesel |
| Mélange complexe de |
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particules de carbone |
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oxydes d'azotes |
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formaldéhyde |
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monoxyde de carbone |
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hydrocarbures |
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cendres |
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métaux |
Le schéma "particules
allergènes" utilisé
| Au laboratoire |
 |
In vitro, on a montré que les
particules diesel pouvaient |
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modifier la structure des grains de
pollens |
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adsorber à leur surface |
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certains
allergènes : chat (fel d 1), pollens de graminées (Lol p1), facilitant leur
pénétration |
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mais pas d'autres (Lol p5) |
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tous les allergènes ne peuvent pas se fixer aux
particules de carbone |
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provoquer une
augmentation dose-dépendante de la production d'IL-8, de GM-CSF et de sICAM-1 par les
cellules épithéliales bronchiques stimulées par leur pôle apical ; le charbon activé
ou le graphite n'ont pas d'effet |
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stimuler la production
d'IgE en présence PAH et
d'allergènes. |
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In vivo, on a montré que les
particules diesel pouvaient |
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chez l'animal : jouer un
rôle
dimmuno-adjuvant |
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Une pré-exposition à des concentrations
élevées de particules diesel : |
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facilite la sensibilisation aux allergènes |
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provoque une inflammation tissulaire |
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stimule la production dIgE
spécifique et lactivation locale des lymphocytes T en réponse à
ladministration dantigène (ovalbumine) |
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Chez la souris, les particules diesel
ingérées augmentent le taux d'IgE lors d'une stimulation allergénique ; idem si
administration intra-nasale |
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chez lhomme : |
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Bronches |
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augmentation du
nombre de neutrophiles |
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baisse de la
phagocytose macrophagique |
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augmentation de
la résistance des voies aériennes |
Le schéma "particules
diesel-allergènes"
utilisé
| Les
résultats épidémiologiques
|
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| Le fait de vivre à la ville augmente le risque d'être atopique : |
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plus de
sensibilisation aux pollens et allergènes animaux en zone urbaine |
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le pourcentage
d'IgE spécifiques aux aéro-allergènes est plus élevé chez les habitants des villes |
 |
la
prévalence des IgE spécifiques acariens et chat plus importante en Allemagne de
l'Ouest que de l'Est mais pas la sensibilisation aux pollens |
 |
les
écoliers citadins ont plus de tests cutanés positifs que ceux des campagnes |
 |
plus de
rhume des foins chez les citadins |
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relation
entre l'importance du trafic dans la rue de résidence et la rhinite allergique
(questionnaire) chez 2050 adolescents de Bochum |
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| Mais
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coïncidence
temporelles et spatiales (saisonnière et régionale) entre la présence des allergènes
et des particules, la pollinisation et le type et la concentration de polluants |
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modification
des types de semences, d'arbres, de cultures et de zones cultivées avec changement des
comptes polliniques dans de nombreuses régions |
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pas de
différence entre populations d'Allemagne de l'Ouest et de l'Est en matière d'atopie (IgE
spécifique ; tests cutanés) pour les sujets nés avant 1960 ; depuis, le taux a peu
changé à l'Est et augmenté de 150% à l'Ouest ; aujourd'hui, différence pour les
adultes (questionnaires, tests cutanés, IgE) mais pas de différence en matière d'asthme
et d'eczéma atopique entre les 2 zones pour les enfants de 6-7 ans. |
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De 1960 à 1990 les contacts avec l'extérieur, l'alimentation, la maison et son contenu,
l'environnement extérieur ont beaucoup évolué à l'ouest |
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pas
d'association entre les taux de PM10 et les manifestations allergiques (asthme,
rhinite à la saison pollinique, rhume des foins, conjonctivite) chez des enfants suisses
de 6 à 13 ans (Study on Childhood Allergy and Respiratory symptoms with respect to air
POLlution) |
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pas de relation
retrouvée entre les changements quotidiens de la pollution de l'air (PM10,
Fumées Noires, SO2, NO2) et la modification de l'état
respiratoire d'enfants (6-12 ans) asthmatiques |
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pas de
lien entre la distance depuis une autoroute en zone rurale et les symptômes d'asthme
(questionnaire ISAAC) chez 2387 adolescents de l'East Surrey |
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taux de
sensibilisation, de sensibilisation aux pollens et de polysensibilisation plus élevés
chez des collégiens vivant en zone rurale qu'en zone urbaine ; la sensibilisation aux
animaux de compagnie est plus élevée en ville ; le taux de particules était plus
élevé en ville mais il y avait très peu de véhicules diesel.
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POLLUTIONS COMBINÉES et ASTHME
Asthme (SO2 ; O3)
{O3 ; 0,12ppm x 45min} + {SO2 ; 0,1ppm x 15min}
HRB
supérieure à
{Air} + {SO2 ; 0,1ppm x 15min} ou
{O3 ; 0,12ppm x 45min} + {O3 ; 0,1ppm x 15min}
Asthme léger allergique (SO2 ; NO2
; allergènes)
{SO2 ; 0,2ppm x 6h} ; {NO2 ; 0,4ppm x 6h} + DPter
SO2
ou NO2 seuls
pas de modification de VEMS ou CVF
pas de modification de PD20VEMS à
DPter
SO2 +
NO2 simultanés
baisse de PD20VEMS à DPter (S)
Asthme ; adultes (SO2 ; particules)
{SO2} > 0,07ppm ; {particules} > 150µg/m3
Augmentation du nombre de crises
+ 150µg/m3 PM10
= - 3 à 6% de DEP
CONCLUSION
Quelle que soit l'amplitude des
résultats obtenus, toutes les études vont dans le sens s'une aggravation
de l'asthme par la pollution urbaine.
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