respir.com
respir.com
 

Un site de la Fédération Girondine de Lutte contre les Maladies Respiratoires
Association loi de 1901 reconnue d'utilité publique
respir.com

La Revue de RespirWebConférencesDiaporamas & PrésentationsInscriptionContact

Respir.com est un site gratuit mis en ligne pour tous par la FGLMR. Il n'a pas recours à la publicité.

S'il vous est utile, aidez-nous à le maintenir en ligne (Cliquez ici).

base documentaire
contact
collaborateurs
recherche approfondie
imagerie
bibliographies
formation santé
Université de Bordeaux II
tabacologie
cas cliniques
imprimer l'article
Article commenté par : Équipe de Respir

Parkes G, Greenhalgh T, Griffin M, Dent R. Effect on smoking quit rate of telling patients their lung age: the Step2quit randomised controlled trial. BMJ 2008;336:598-600



 

Objectif
Evaluer l’impact de l’annonce au patient de son âge pulmonaire spirométrique estimé comme encouragement au sevrage tabagique.
 
Méthode
Essai contrôlé randomisé débuté en février 2004.
5 cabinets de médecine générale du Hertfordshire, Angleterre.
561 fumeurs actuels (dans les 12 derniers mois) de plus de 35 ans.
On propose à tous les participants une mesure de leur fonction respiratoire VEMS, CVF ; réversibilité : > 15 % et au moins 400mL d'amélioration du VEMS après 400 µg de salbutamol) indiquant un asthme et conduisant à recommander au malade une visiste auprès de son généraliste.
Questionnaire respiratoire de St Georges.
Score de Prochaska.
Dans le groupe intervention, les participants sont informés des résultats en terme d’âge de leur poumon (âge d’un individu sain moyen qui aurait les mêmes résultats).
Dans le groupe contrôle, les participants reçoivent les résultats de leur VEMS.
Dans les 2 groupes on leur suggère d’arrêter de fumer et on leur propose un rendez-vous avec l’unité de sevrage tabagique locale du NHS.
Critère principal : sevrage mesuré à 12 mois par la cotinine salivaire.
Critère secondaire : changements rapportés de la consommation de cigarettes et identification des nouveaux diagnostics de BPCO.
Analyse en intention de traiter.
 
Résultat
Suivi de 89 % de l’échantillon.
9 à 25 cigarettes par jour au début du suivi ; 3 à 24 cigarettes/j en fin d'étude ; les 2 groupes ont diminué leur consommation.
Taux de sevrage à 12 mois vérifiés indépendamment dans le groupe intervention et dans le groupe contrôle respectivement, 13.6 % et 6.4 % (différence 7.2 % ; p = 0.005 ; IC 95 % : 2.2 % à 12.1 % ; nombre nécessaire à traiter : 14).
Les gens avec les plus mauvais âges pulmonaires spirométriques ne se sevraient pas plus que ceux avec un âge spirométrique normal dans chaque groupe.
Le coût par sevrage réussi était estimé à 366 euros.
Un diagnostic nouveau de BPCO a été fait chez 17 % du groupe intervention et 14 % du groupe contrôle, soit 16 % pour l’ensemble des participants. 
 
Conclusion
Dire aux fumeurs l’âge de leur poumon améliore les chances de sevrage mais le mécanisme par lequel ce résultat est obtenu n’est pas clair.
 
NDLR
Il est intéressant de noter qu'il s'agit de la reprise du concept "d'âge pulmonaire" développé au milieu des années 80 et ignoré jusque là. On aurait souhaité une explication sur cette "reprise" en médecine générale, peut être liée à l'importance prise dans la population générale par la notion de vieillissement.
600 patients théoriquement nécessaires pour la démonstration d'une différence.
Pas de prise en compte du test de Fagerström pourtant considéré comme un élément essentiel de la consultation de sevrage tabagique (test de référence pour l'évaluation de la dépendance).
Le simple fait de présenter le résultat de cette façon améliore le taux de sevrage ; on pourrait imaginer ici le début d'une technique cognitivo-comportementale.
On ne connaît pas la représentativité de ce groupe par rapport à la population générale.
On peut se demander si le simple fait de montrer et d’expliquer la courbe débit volume du malade par rapport à la courbe théorique ne donnerait pas le même résultat.
Le fait d'avoir un âge pulmonaire plus mauvais n'influe pas sur le taux de sevrage, ce qui conduit à s'interroger sur le rôle de l'annonce de "l'âge pulmonaire" sur la décision de sevrage.
On est étonné par le petit pourcentage de BPCO dans cette population de fumeurs d'âge moyen (environ 7,5 %) qui confirme le sous-diagnostic de cette maladie en situation "habituelle" (24,6 % avec les nouveaux diagnostics).
Il est dommage que le score de Prochaska n'ait pas été pris en compte dans l'analyse ; la majorité des malades est en stade pré-contemplatif ou contemplatif et on peut se demander s'il a vraiment du sens en matière de prédiction du sevrage.
Cette intervention est certainement difficile à appliquer en médecine générale, la spirométrie relevant de l'activité du spécialiste ; mais elle peut encourager le généraliste à pratiquer une spirométrie chez les fumeurs... en espérant que cela augmente le taux de sevrage.
On peut aussi penser que cette méthode, qui n'a pas fait la démonstration de son efficacité sur le sevrage tabagique, servira à faciliter la prescription de médicaments dans les BPCO.

Mot-clés : depistage, sevrage, tabac, tabagique, tabagisme, bpco, bronchite, chronique, bronchopneumopathie, chronique, obstructive, annonce, information, prevalence, fonction, respiratoire, spirometrie, age, pulmonaire, frequence, diagnostic precoce

 

Accéder à

Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Vérifiez ici.

Tous droits réservés
© Fédération Girondine de Lutte contre les Maladies Respiratoires (FGLMR) 2018

Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage et mentions légales, en accepter et en respecter les dispositions.

Respir.com est enregistré à la C.N.I.L. sous le n°757727 VERSION 1